Trois gardiens sont retenus dans l'un des bâtiments de la prison depuis lundi soir.
"Trois gardiens sont retenus" dans l'un des bâtiments depuis lundi soir, a-t-il affirmé, précisant que l'électricité a été coupée dans l'établissement pour empêcher les prisonniers de recharger les téléphones portables, introduits illégalement.
"Les gardiens sont en bonne santé. Les prisonniers les considèrent comme leurs frères, ils veulent juste faire pression" pour faire entendre leurs revendications, a indiqué père Ghanem.
"Les gardes ne sont pas menacés. On les empêche juste de sortir du bâtiment", a indiqué de son côté un responsable des services de sécurité.
Vers 13 heures, une épaisse fumée, probablement résultant d'un important incendie, se dégageait de la prison.
Quelque 70 proches de prisonniers en colère ont par ailleurs manifesté devant la prison, située au nord-est de Beyrouth, bloquant la route qui donne accès à l'établissement en brûlant des pneus.
Ils protestaient contre l'interdiction de visiter les détenus, décrétée à la suite de la mutinerie. "Le peuple veut la libération des prisonniers", "le peuple veut l'amnistie générale", ont scandé les familles sous la pluie.
La mutinerie avait éclaté samedi dans cette prison, qui rassemble à elle seule 65% des détenus du pays, les émeutiers réclamant une amnistie et l'amélioration des conditions de détention.
Les prisonniers avaient incendié des matelas et cassé des portes et fenêtres dans un des bâtiments de la prison, avant que l'émeute ne prenne fin dimanche.
Plusieurs mutineries ont éclaté ces dernières années dans les prisons du Liban en raison des mauvaises conditions de détention, de l'exiguïté des cellules et du manque de personnel.
La prison de Roumieh, conçue pour accueillir 1 500 détenus, en abrite près de 4 000, pour près de 200 gardiens. Quelque 700 prisonniers seulement ont été condamnés. La justice est très lente, certains détenus restent en prison des années avant que leur procès ne s'ouvre.
Certains condamnés ont accès à un traitement privilégié à la faveur d'un système pénitentiaire miné par la corruption et le laxisme.
L'amnistie est accordée par le vote d'une loi. Or, les institutions de l'État sont actuellement paralysées dans le pays qui est toujours sans gouvernement depuis la chute du cabinet d'union de Saad Hariri en janvier, à l'issue d'un bras de fer avec le camp du puissant Hezbollah.
"Je suis très solidaire avec ces revendications. Nous prenons notre temps pour régler la question pour qu'aucune goutte de sang ne soit versée", a affirmé aujourd'hui le ministre de l'Intérieur, Ziad Baroud, lors d'une conférence de presse.
"Les forces de sécurité ont un plan pour régler rapidement la situation, les prisonniers le savent", a-t-il ajouté.
Un bureau de plaintes sera mis en place pour les proches des détenus, a précisé le ministre.

