"J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec plusieurs délégations arabes hier, les Jordaniens, les Emiriens, les Qatariens, et je n'ai vu aucune objection à ce transfert", a-t-il dit lors d'un point de presse à Paris avec son homologue marocain, Taieb Fassi Fihri, à l'issue d'un entretien.
Le chef de la diplomatie française a insisté sur l'importance, selon lui, de "la création d'une gouvernance politique de l'opération en Libye", avec la mise en place à Londres du groupe de contact suggéré par la France et la Grande-Bretagne.
Début mars, Alain Juppé avait estimé qu'une intervention militaire de l'Otan en Libye méritait "d'être regardée à deux fois", jugeant que "cela pourrait être extrêmement contre-productif" dans l'opinion arabe.
"Nous prenons acte et bonne note de la décision de la prise de commandement et de la coordination qui est assurée dorénavant par l'Otan", a déclaré de son côté le ministre marocain, rappelant que "la relation du Maroc avec l'Otan" était "bien antérieure" à la chute du mur de Berlin.
Il a indiqué que le Maroc fournirait en Libye une "contribution à caractère humanitaire avec les appuis logistiques nécessaires".
Interrogé sur une éventuelle reconnaissance par le Maroc du Conseil national de transition (CNT) formé par l'opposition libyenne, à l'instar de la France et du Qatar, Taieb Fassi Fihri a indiqué que "des contacts avec le CNT étaient en cours".
"Nous estimons que le discours développé par le CNT est un discours sage et rassurant", a-t-il dit.
A l'issue de leur entretien, les ministres français et marocain se sont par ailleurs félicités des liens "extrêmement étroits" entre leurs deux pays.
"J'ai pu rappeler combien nous admirons la détermination du peuple et des autorités marocaines à avancer vers la voie d'une démocratisation pacifique et sereine selon leur propre modèle", a déclaré Alain Juppé, qui avait déjà qualifié de "visionnaire" le discours du roi du Maroc Mohammed VI.
Le 9 mars, Mohammed VI a annoncé une révision constitutionnelle prévoyant la séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre ainsi que du Parlement.

