Les incidents les plus graves ont de nouveau eu lieu à Deraa, en Syrie, où les forces de sécurité ont encore ouvert le feu sur les manifestants./Photo
En Syrie, les prières traditionnelles du vendredi ont donné lieu à des manifestations organisées dans les mosquées des principales villes du pays, dont la capitale Damas.
Mais les incidents les plus graves ont de nouveau eu lieu à Deraa, où les forces de sécurité ont encore ouvert le feu sur les manifestants, selon un militant syrien des droits de l'Homme et un témoin.
Ce militant, qui a requis l'anonymat, a fait état de "17 manifestants tués", mais il n'était pas possible de confirmer ce bilan dans l'immédiat de source indépendante ni des sources hospitalières.
Ils ont été visés "par des tirs à Sanamein (40 km au nord de Deraa) alors qu'ils se dirigeaient vers Deraa", a-t-il affirmé.
Un témoin à Sanamein a fait état de 13 morts: "Les manifestants ont lancé des pierres sur le QG de la Sécurité militaire et les militaires ont riposté en ouvrant le feu. Nous avons récupéré huit corps et cinq autres se trouvent au QG, qui refuse de nous les remettre".
Les forces de sécurité ont aussi tiré dans l'après-midi sur des manifestants rassemblés dans le centre de Deraa. Le militant des droits de l'Homme dont le témoignage a été recueilli par l'AFP a déclaré qu'il y avait "eu des victimes", sans plus de précisions.
Il a ajouté que les manifestants avaient déboulonné et brûlé la statue de l'ancien président Hafez el-Assad, père de l'actuel président Bachar el-Assad. Ces informations n'ont pas pu été confirmées car les journalistes ont été empêchés par les autorités de se rendre sur les lieux.
Des manifestations pro-régime ont été organisées à Damas en fin de journée.
En Libye, l'aviation de la coalition internationale a pilonné la ville d'Ajdabiya, où sont retranchées des forces fidèles au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Profitant de ces attaques, les forces rebelles ont resserré leur étau sur la ville qui, selon un officier rebelle interrogé par l'AFP, "va tomber ce soir, ou demain (samedi) matin".
Sur le front politique, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé que la France et le Royaume-Uni préparaient une initiative commune à l'approche du sommet de Londres prévu mardi, en vue de parvenir à une "solution" politique.
"Ce sera une initiative franco-britannique pour bien montrer que la solution ne peut pas être que militaire, elle sera forcément une solution politique et diplomatique", a-t-il expliqué.
De son côté, le gouvernement libyen s'est dit "prêt à mettre en oeuvre la feuille de route" proposée par l'Union africaine pour mettre fin aux hostilités dans le pays, ont affirmé vendredi les représentants de Tripoli lors d'une réunion à Addis Abeba.
L'organisation panafricaine tente de trouver une issue négociée à la crise, demandant la cessation immédiate des hostilités et l'ouverture d'un dialogue entre les parties libyennes en préalable à une "période de transition" démocratique. La rébellion libyenne n'était pas représentée à cette réunion.
Au Yémen, des tractations entre le président yéménite Ali Abdallah Saleh et l'homme fort de l'armée, le général dissident Mohsen Ali al Ahmar, ont "échoué", ont affirmé vendredi à l'AFP des sources politiques proches des deux parties.
Le président Saleh s'est dit prêt à "résister", après l'échec de ces tractations. Le chef de l'État, en fonction depuis 32 ans, a assuré qu'il n'était pas disposé à céder le pouvoir à une "minorité" et à des opposants qu'il a qualifiés "d'aventuriers et de comploteurs".
En Jordanie, de violents heurts ont opposé à Amman des manifestants réclamant des réformes à des partisans du régime et aux forces de l'ordre, faisant un mort et plus de 130 blessés, selon des sources médicales.
La gendarmerie a dispersé les manifestants avec des canons à eau et a démonté le camp installé par les protestataires dans le centre de la capitale.


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