"L'Iran ne va pas aussi vite qu'il le pourrait", a estimé Mark Fitzpatrick de l'Institut international pour les études stratégiques (IISS), en présentant à Washington un rapport sur "les capacités nucléaires, chimiques et biologiques de l'Iran" déjà publié à Londres le mois dernier.
Les Iraniens "travaillent là-dessus depuis 25 ans, depuis qu'ils ont commencé le programme d'enrichissement d'uranium iranien vers 1985", a-t-il dit, en comparant cette durée aux 11 années qu'il aura fallu au Pakistan pour obtenir l'arme nucléaire.
Fin décembre, le ministre israélien des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, avait affirmé que de récentes "difficultés" avaient retardé de plusieurs années l'éventuelle accession de Téhéran à la bombe atomique.
Parmi les difficultés rencontrées figurent un virus informatique, Stuxnet, qui aurait été mis au point par Israël et les Etats-Unis, et qui a touché les centrifugeuses iraniennes produisant de l'uranium enrichi.
Téhéran accuse aussi l'Etat hébreu et les Etats-Unis des attentats qui ont tué en novembre un responsable du programme nucléaire iranien et en ont blessé un autre. En outre, les sanctions prise par l'ONU en réponse au programme nucléaire iranien ont commencé à porter leurs fruits, selon Washington.
Selon M. Fitzpatrick, le virus Stuxnet "a eu un impact sur certaines centrifugeuses". Mais, a-t-il précisé, l'opération n'a "pas été une réussite complète" puisque ces appareils destinés à enrichir l'uranium ont continué à fonctionner.
La capacité nucléaire du pays a augmenté de façon "inexorable" ces 25 dernières années et les affirmations des dirigeants iraniens selon lesquelles ils ne mènent un programme nucléaire qu'à des fins civiles ne sont "pas crédibles", selon le rapport de l'IISS.
Mais M. Fitzpatrick, ancien fonctionnaire du département d'Etat américain, a ajouté que l'Iran n'avait pas encore pris la décision de fabriquer une arme nucléaire. "Tant qu'ils n'ont pas pris cette décision, la diplomatie a encore du temps devant elle", a-t-il estimé.
Il a d'ailleurs ajouté, comme le précise son rapport, qu'il faut encore deux ans pour que le missile Sajil 2 -- le plus à même de transporter une arme nucléaire -- soit opérationnel.
Les Etats-Unis et une partie de la communauté internationale accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

