"Une roquette Grad a touché une rue du centre-ville de Beersheva. Un homme a été blessé par un éclat et conduit à l'hôpital", a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'armée israélienne à l'AFP.
La ville de Beersheva, capitale du Néguev, est située à environ 40 kilomètres de la bande de Gaza, beaucoup plus loin que les villes israéliennes régulièrement visées par les groupes armés palestiniens. Elle avait déjà été touchée par une roquette du Jihad islamique le 23 février dernier.
Dans un communiqué, les Brigades al-Qods se sont attribuées la paternité de l'attaque contre Beersheva et d'une autre mardi soir qui a visé le port d'Ashdod, près de la frontière avec la bande de Gaza. La roquette lancée en direction d'Ashdod a explosé à 5 km du centre de la ville, sans faire ni victime ni dégât, selon l'armée.
"Il s'agit d'une première réponse aux crimes sionistes commis contre notre peuple dans la bande de Gaza", a affirmé le groupe armé dans son communiqué.
Ces nouveaux tirs de roquettes surviennent au moment où la confrontation entre le mouvement islamiste Hamas et les factions palestiniennes de Gaza, d'une part, et Israël, de l'autre, menace de dégénérer en crise majeure.
Huit Palestiniens, quatre civils, dont deux mineurs, et quatre combattants du Jihad islamique, ont été tués par des tirs israéliens à Gaza mardi, journée la plus meurtrière depuis plus de deux ans dans le territoire palestinien contrôlé par le Hamas.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a "exprimé ses regrets à la suite de mort de civils innocents tués par erreur dans la bande de Gaza par l'armée israélienne en réaction à des tirs du Hamas visant des citoyens israéliens innocents", selon un communiqué officiel.
"L'Etat d'Israël n'a aucune intention de provoquer une dégradation de la situation, mais notre armée continuera à agir avec fermeté pour défendre les citoyens israéliens", a averti M. Netanyahu.
Les huit victimes de mardi seront enterrées à la mi-journée à Gaza.
Dans la nuit de mardi à mercredi, deux militants du Jihad islamique ont été blessés, dont l'un grièvement, lors d'une frappe aérienne israélienne sur le quartier de Zeïtoun, dans la ville de Gaza.
La tension est brusquement montée samedi avec le tir d'une cinquantaine d'obus de mortier vers Israël par la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, pour venger la mort de deux de ses membres dans une frappe aérienne le 16 mars à Gaza.
En visite à Moscou, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a condamné "l'escalade israélienne qui a coûté la vie à plusieurs Palestiniens, dont des enfants".
Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh a dans un communiqué "appelé le Conseil de sécurité qui n'a pas hésité à prendre des décisions et à les appliquer rapidement, comme cela s'est produit en Libye, à faire de même pour protéger notre peuple et sanctionner l'occupation israélienne".
Jusqu'à présent, le Hamas observait une trêve de fait afin d'éviter une nouvelle épreuve de force avec Israël, après la dévastatrice opération "Plomb durci" destinée à faire cesser les tirs de roquettes, qui avait coûté la vie à 1.400 Palestiniens en décembre 2008/janvier 2009 à Gaza.

