"Je crois que cela ne va pas durer longtemps comme ça. Je ne vois pas très bien comment le président actuel peut tenir très longtemps, compte tenu du fait qu'une partie de l'armée, une partie des chefs tribaux et une partie de ses alliés politiques traditionnels ont pris leurs distances", a déclaré Hugues Mingarelli, directeur en charge de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient au service diplomatique européen.
Il a fait valoir que le président Saleh était à la fois confronté à une rébellion armée de la minorité chiite dans le nord du pays, à une "sécession" dans le Sud, au "désespoir" de la jeunesse et "à des poches d'organisations terroristes".
"Tout le territoire n'est pas sous contrôle, donc je crois que la situation est vraiment dramatique au Yémen et que ça risque de se précipiter dans les jours qui viennent", a souligné ce conseiller de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, devant une commission du Parlement européen à Bruxelles.
En tablant sur le prochain départ du président yéménite, ce diplomate de haut rang est ainsi allé au-delà de la position officielle des 27 pays de l'UE, réaffirmée lundi lors d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.
Dans une déclaration commune, ces derniers avaient appelé les autorités à dialoguer avec l'opposition mais s'étaient gardés de se prononcer sur l'avenir d'Ali Abdallah Saleh.
En revanche, la France est devenue lundi le premier pays occidental à réclamer ouvertement son départ. "Il semble aujourd'hui que le départ du président Saleh est incontournable", a déclaré le chef de la diplomatie française Alain Juppé à Bruxelles.

