"Nous avons posé des questions légitimes lors de la réunion d'hier (dimanche). Nous ne visions pas à entraver le processus", a affirmé le ministre, Ahmet Davutoglu, devant la presse.
La Turquie, membre de l'Otan, a demandé dimanche aux autres pays de l'Otan de revoir les plans d'une éventuelle intervention de l'alliance, jugeant que les bombardements de la coalition internationale ont changé la donne et qu'il faut épargner les civils libyens.
"Nous avons le droit de poser ces questions et pensons avoir le droit d'obtenir des réponses", a souligné le ministre, qui a précisé que la Turquie déciderait de sa position sur la crise libyenne après une nouvelle séance de discussion, prévue ce lundi à Bruxelles, des ambassadeurs des 28 pays de l'alliance.
La question de savoir si l'Otan va intervenir et sous quelle forme n'a pas encore été formellement abordée à Bruxelles.
"La Turquie sera toujours l'amie de la Libye et oeuvrera pour sa prospérité", a continué M. Davutoglu.
Il a en outre critiqué la manière dont a été formée la force multinationale qui mène depuis samedi des frappes contre les forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
"Avant tout, il y a des procédures dans le droit international pour la création d'une telle coalition. Nous ne pensons pas que l'on a appliqué à la lettre ces procédures", a-t-il estimé.
Le ministre s'est inquiété de l'application de la résolution 1973 de l'ONU qui ne prévoit pas le déclenchement d'une "guerre globale" en Libye mais veut assurer les moyens d'obtenir une solution pacifique.
"Nous avons dit à nos interlocuteurs que l'on ne devrait pas provoquer une situation comme en Irak et en Afghanistan", a-t-il poursuivi.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan devait convoquer lundi après-midi une réunion sur la Libye. Il a aussi prévu de s'entretenir au téléphone avec le président américain Barack Obama.
La Turquie, dirigée par un gouvernement islamo-conservateur, a exprimé son malaise au sujet des opérations militaires en Libye.

