"Cela ne devrait pas être une guerre contre la Libye" mais l'application stricte de la résolution de l'ONU, a-t-il déclaré aux journalistes à propos de l'intervention de la coalition internationale déclenchée samedi en Libye.
L'Italie "a accepté de prendre part à la coalition internationale précisément pour mettre en oeuvre un cessez-le-feu, faire cesser les violences et protéger les populations", a rappelé M. Frattini, en marge d'une réunion avec ses homologues de l'UE à Bruxelles.
A présent, "nous voulons vérifier soigneusement que toutes les actions entreprises sont conformes aux objectifs de la résolution" de l'ONU, a-t-il ajouté.
"Nous ne voulons pas du tout aller au-delà de la mise en oeuvre stricte de la résolution" votée par le Conseil de sécurité, a martelé le ministre italien, en soulignant que la priorité devait être d'aboutir à "une réconciliation" des parties en Libye.
Quatre Tornado italiens ont participé dimanche à une mission en Libye. Le pays a mis au total à la disposition de la coalition pour ses opérations dans le pays huit avions, utilisables "à tout moment".
M. Frattini a appelé à ce que l'Otan prenne le relais pour la coordination de l'opération et qu'on sorte d'une simple "coalition de volontaires" en Libye. L'Alliance atlantique, a-t-il fait valoir, "a la capacité et l'expérience pour mener une action bien coordonnée" comme celle qui est souhaitée en Libye, a-t-il jugé.
Mais plusieurs pays de l'Otan, comme la Turquie ou la France, refusent à ce stade que l'organisation soit en première ligne de l'intervention en Libye de crainte de s'aliéner les pays arabes.
Le chef de la diplomatie italienne a aussi de nouveau exhorté ses partenaires européens à aider son pays pour faire face au risque d'afflux de réfugiés et d'immigrants en provenance d'Afrique du Nord, via l'île italienne de Lampedusa, située tout près de la Libye.
"Nous voulons partager le fardeau très lourd de l'immigration illégale avec tous les partenaires, à commencer par les partenaires européens", a-t-il dit.
Une centaine d'immigrés illégaux, affirmant être Libyens mais en fait majoritairement Egyptiens selon la police, ont débarqué tôt lundi aux abords de Catane (est de la Sicile), selon la police locale.
Selon des chiffres officiels italiens, les arrivées ces dernières semaines à Lampedusa de candidats à l'immigration représentent plus du double de celles recensées sur l'île, un confetti de 20 km2 perdu au sud de la Sicile, pour toute l'année 2010.

