"Je pense qu'une intervention militaire ferait empirer la situation. Nous avons l'expérience de l'Irak et de l'Afghanistan. Cela a fait empirer les choses et ne les a pas améliorées", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad dans cette interview enregistrée à Téhéran.
"J'espère que les gouvernements européens et américain n'interviendront pas dans les affaires de cette région et laisseront les peuples de notre région décider de leur avenir", a ajouté le président iranien.
"S'ils n'interviennent pas dans les affaires de cette région, je crois que les peuples de la région, par exemple le peuple libyen, pourront décider de leur avenir", a-t-il estimé.
Les pays du G8, divisés, ont écarté mardi lors d'une réunion à Paris l'option militaire en Libye défendue en vain par la France et la Grande-Bretagne face à la contre-offensive du dirigeant Mouammar Kadhafi sur le terrain.
Paris et Londres tentent de persuader leurs partenaires d'établir une zone d'exclusion aérienne ou d'entreprendre des frappes aériennes ciblées pour affaiblir le potentiel militaire de Kadhafi.
Interrogé sur l'éventualité d'une zone d'exclusion aérienne en Libye, M. Ahmadinejad a estimé que "n'importe quelle intervention militaire rendrait la situation plus compliquée". "Les Occidentaux doivent laisser de côté leurs ambitions colonialistes", a-t-il affirmé.
Le président iranien a de nouveau condamné les bombardements effectués par les forces loyales à Mouammar Kadhafi contre les opposants.
"Ces agissements ne sont pas acceptables", "quiconque bombarde son propre peuple doit être condamné", a-t-il déclaré, en accusant aussi les pays occidentaux d'avoir encouragé les dictatures au Moyen-Orient.
"Ma question est claire: qui a vendu pour 60 milliards (de dollars) d'armes aux pays de la région"? "Dans le monde entier, qui depuis 50 ans a soutenu les dictateurs? Montrez-moi un seul dictateur qui ne soit pas soutenu pas les Etats-Unis et l'Europe", a-t-il lancé.
Mahmoud Ahmadinejad a nié que Téhéran ait mené une répression contre les manifestants opposés au régime iranien.
"Jamais, jamais. Nous n'avons jamais fait cela. Durant les 30 dernières années nous avons eu 30 élections libres. Toutes les semaines je vais dans la rue pendant des heures pour parler avec les gens", a-t-il assuré.
Il a fait une comparaison entre les manifestants iraniens et le groupe armé séparatiste basque ETA. "Autorisez-vous ces forces séparatistes à incendier des bâtiments publics et à frapper les gens dans la rue? A brûler les maisons? Si quelqu'un commettait ces atrocités en Espagne, que ferait le juge?", a-t-il interrogé.

