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Libye : plusieurs pays européens prennent leurs distances avec la France

Plusieurs pays européens, l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique, ont pris leurs distances vendredi avec la France, qui a pris les devants sur la Libye en reconnaissant l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi et en plaidant pour des "frappes ciblées".
"Kadhafi doit savoir que la communauté internationale, en grande partie, demande qu'il démissionne", mais "je pense que les Européens seraient bien avisés de prendre les décisions qu'ils ont à prendre lors de la réunion (des dirigeants des pays européens) et pas un jour avant" le sommet, a déclaré le Premier ministre Luxembourgeois Jean-Claude-Juncker.
Il s'exprimait à Bruxelles devant la presse avant un sommet extraordinaire des chefs d'Etat ou de gouvernement des pays de l'Union européenne sur la situation en Libye, où ils veulent tenter d'adopter une position commune.
Son ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn a quant à lui mis en garde contre tout "geste théâtral" pendant la réunion, dans une allusion aux frappes aériennes envisagées par Paris.
Le nouveau ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, s'est montré lui aussi très sceptique, au cours d'une réunion avec ses homologues de l'Otan, qui s'achevait vendredi en parallèle à Bruxelles.
"Je ne suis pas du tout favorable à ce que l'on agite en public des options en croyant que cela va impressionner (...) avant de les retirer de la table des discussions le jour suivant. Tout cela n'est pas convaincant", a-t-il déclaré, dans une allusion aux propositions françaises.
Le ministre a réitéré les fortes réserves de son gouvernement à l'égard d'une action militaire en Libye pour aider les forces rebelles.
"Il faut pouvoir concevoir des actions militaires jusqu'à leur issue finale. Il ne faut pas se jeter dans quelque chose que l'on ne pourrait mener à bien. Il ne faut pas non plus agiter des menaces que l'on ne peut mettre à exécution", a déclaré le ministre, jugeant que la priorité était à l'aide humanitaire en Libye et que "l'heure de l'Otan n'est pas venue".
Le Premier ministre belge Yves Leterme a regretté le manque de concertation de la France avec ses partenaires sur la reconnaissance de l'opposition au colonel Kadhafi ou sur l'option militaire.
"Il est nécessaire d'avoir une position commune pour renforcer la crédibilité de l'action extérieure de l'Union européenne", a-t-il dit aux journalistes en arrivant au sommet.
"Il vaut mieux prendre des positions concertées", a-t-il dit, ajoutant que toute intervention militaire devrait se faire "avec un mandat de l'ONU, de manière concertée" et avec "un certain appui de la Ligue arabe".
La France est devenue jeudi le premier pays à reconnaître l'organe de l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT), et a signifié qu'elle souhaitait des "frappes aériennes ciblées" contre la Libye, contre des objectifs stratégiques.
En agissant de la sorte, Paris a irrité plusieurs de ses partenaires qui craignent un engrenage aux conséquences incalculables.
Plusieurs pays européens, l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique, ont pris leurs distances vendredi avec la France, qui a pris les devants sur la Libye en reconnaissant l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi et en plaidant pour des "frappes ciblées"."Kadhafi doit savoir que la communauté internationale, en grande partie, demande qu'il démissionne", mais "je pense que les Européens seraient bien avisés de prendre les décisions qu'ils ont à prendre lors de la réunion (des dirigeants des pays européens) et pas un jour avant" le sommet, a déclaré le Premier ministre Luxembourgeois Jean-Claude-Juncker.Il s'exprimait à Bruxelles devant la presse avant un sommet extraordinaire des chefs d'Etat ou de gouvernement des pays de l'Union européenne sur la situation en Libye, où ils veulent tenter d'adopter une...