Le père Samaane Ibrahim a indiqué que les corps se trouvaient dans le petit hôpital qui dépend de sa paroisse. "Tous ont été tués par balles, et les blessés ont aussi été touchés par des tirs", a-t-il déclaré.
Il a ajouté que d'autres blessés avaient été transportés dans d'autres hôpitaux.
Les affrontements ont eu lieu mardi soir après que des habitants de ce quartier misérable d'éboueurs, en majorité chrétiens, de l'est du Caire, soient sortis manifester pour protester contre l'incendie d'une église samedi au sud de la capitale.
Selon le père Ibrahim, ils ont été attaqués par "des voyous et des salafistes" armés. Selon lui, des cocktails Molotov ont été lancés contre des habitations, et les attaquants ont incendié des entrepôts et des ateliers de recyclage.
Une source médicale avait fait état mardi soir d'un chrétien tué lors de ces affrontements.
Les services de sécurité égyptiens avaient fait état mardi d'affrontements à coups de pierre entre les deux camps, et des témoins avaient indiqué que l'armée, présente sur les lieux, avait tiré en l'air pour disperser la foule.
Les autorités avaient fait savoir mardi soir, selon l'agence officielle Mena, que les forces armées "faisaient face avec succès aux émeutes dans les quartiers de Moqattam et Qualaa", situés à proximité l'un de l'autre.
Des milliers de Coptes ont également manifesté ces derniers jours devant le bâtiment de la radio-télévision, dans le centre du Caire, pour protester contre des actes de violence visant leur communauté samedi au cours desquels l'église Al-Chahidaine, située à Soul, dans le gouvernorat de Helwan au sud du Caire, a été en grande partie détruite par un incendie.
Les Coptes représentent de 6 à 10% de la population du pays. Ils disent être victimes de discriminations et de harcèlement.
La communauté copte d'Egypte a été visée dans la nuit du Nouvel an par un attentat devant une église d'Alexandrie (nord), qui a fait 23 morts.
Ces tensions surviennent alors que le pays traverse une période délicate après la chute du président Hosni Moubarak le 11 février à la suite de manifestations contre son régime.
L'armée assure depuis la direction du pays, tandis que le gouvernement gère les affaires courantes. Les militaires ont promis le remettre le pouvoir à un gouvernement civil démocratiquement élu dans quelques mois.

