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Libye : une zone d'exclusion aérienne "parfaitement réalisable" (IISS)

La mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye "est parfaitement réalisable", mais elle n'est "pas sans risque" et exigerait le redéploiement de moyens engagés ailleurs comme en Afghanistan, ont déclaré mardi des experts de l'institut londonien IISS.
"C'est parfaitement réalisable, même si ce n'est pas sans risque", a commenté Douglas Barrie, un des experts de l'IISS, en marge de la présentation du rapport annuel sur l'équilibre des forces dans le monde de cet institut de recherche sur la défense.
"Il a fallu 200 avions de combat pour mettre en oeuvre une zone d'exclusion aérienne en Bosnie, mais c'était beaucoup plus proche des bases de l'Otan que ne l'est la Libye", a estimé un autre expert, Ben Barry.
"Il ne fait aucun doute que les pays occidentaux disposent du nombre d'avions de combat nécessaire pour imposer une zone d'exclusion aérienne", a-t-il poursuivi. Toutefois, "on voit difficilement comment les pays occidentaux peuvent faire cela sans redéployer des forces présentes sur d'autres terrains d'opérations, comme l'Afghanistan", ajoute-t-il.
Selon lui, une zone d'exclusion aérienne permettrait de retirer aux forces du président Mouammar Kadhafi "l'avantage qu'elles ont sur les rebelles en termes d'avions de combat et d'hélicoptères".
Toutefois, le régime n'a pas fait usage pour le moment de ses forces aériennes pour bombarder les rebelles autant qu'il l'aurait pu "peut-être délibérément, afin de ne pas pousser à la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion", juge Ben Barry.
De plus, "les deux forces en présence pensent qu'elles vont gagner, et font preuve de retenue", explique-t-il, afin de pouvoir -le moment venu- regagner la confiance des populations civiles.
"Bien sûr, une zone d'exclusion empêcherait également les rebelles d'utiliser toute capacité aérienne, par exemple s'ils prenaient possession d'hélicoptères", note l'expert.
"Si une telle zone était imposée, les rebelles ne pourraient pas utiliser d'hélicoptères, disons, pour évacuer leurs blessés vers l'hôpital de Benghazi (est) ou pour leur propre approvisionnement logistique".
"Donc pour l'instant, imposer une zone d'exclusion pourrait ne pas donner aux rebelles un avantage décisif - si on cherche des arguments contre la zone d'exclusion, c'en est un".
Pour Ben Barry, le régime est à la fois soucieux de ne pas dégarnir la défense de la capitale Tripoli et de ne pas s'aliéner les populations civiles et "ce que les médias donnent pour des combats relève plutôt de l'escarmouche".
La mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye "est parfaitement réalisable", mais elle n'est "pas sans risque" et exigerait le redéploiement de moyens engagés ailleurs comme en Afghanistan, ont déclaré mardi des experts de l'institut londonien IISS."C'est parfaitement réalisable, même si ce n'est pas sans risque", a commenté Douglas Barrie, un des experts de l'IISS, en marge de la présentation du rapport annuel sur l'équilibre des forces dans le monde de cet institut de recherche sur la défense."Il a fallu 200 avions de combat pour mettre en oeuvre une zone d'exclusion aérienne en Bosnie, mais c'était beaucoup plus proche des bases de l'Otan que ne l'est la Libye", a estimé un autre expert, Ben Barry."Il ne fait aucun doute que les pays occidentaux disposent du nombre d'avions de combat...