"Nous nous joignons à ceux qui demandent l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne et demandons au Conseil de sécurité (de l'Onu) de prendre ses responsabilités en ce sens", a déclaré M. Ihsanoglu.
Il a toutefois réaffirmé son opposition à une intervention militaire directe en Libye, une position déjà exprimée le 1er mars à Genève lors d'une réunion du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.
"Nous rejetons toute intervention militaire" directe, a-t-il dit, tout en appelant les autorités libyennes "à autoriser immédiatement l'entrée de l'aide humanitaire" dans les zones qu'elles contrôlent.
L'OCI est formée de 57 membres comptant plus d'un milliard de musulmans. Un représentant libyen fidèle au colonel Mouammar Kadhafi, dont le pouvoir est contesté par un mouvement insurrectionnel depuis trois semaines, a participé à la réunion.
Lundi soir, les monarchies arabes du Golfe se sont elles aussi déclarées favorables à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne "pour protéger les civils" en Libye, dans une déclaration au terme d'une réunion à Abou Dhabi.
"Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) demandent au Conseil de sécurité de l'ONU de prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils en Libye, dont l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne", a annoncé à la presse le secrétaire général de ce groupement régional, Abdel Rahman al-Attiya.
Outre les Emirats, le CCG regroupe l'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, le sultanat d'Oman et Bahreïn.
L'Arabie saoudite, chef de file du CCG, a appelé lundi soir à un arrêt des "actes de violences" en Libye. Dans un communiqué sur la réunion du Conseil des ministres présidée par le roi Abdallah, Ryad a demandé de "ne pas verser le sang des Libyens et de préserver l'intégrite territoriale de la Libye".
Le communiqué a également souligné la nécessité d'assurer l'arrivée d'une aide humanitaire à la population civile de ce pays.
La France et la Grande-Bretagne travaillent sur un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, qu'ils veulent présenter dès cette semaine, selon des diplomates.
L'adoption d'une telle résolution semble cependant délicate, selon une autre source diplomatique, en raison de la réticence de certains pays, comme la Chine et surtout la Russie.

