L'Assemblée des experts religieux, qui compte 86 membres, est chargée de nommer, surveiller et éventuellement démettre le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
Conservateur modéré et ancien président de la République islamique (1989-1997), M. Rafsandjani avait annoncé avant le scrutin devant désigner un nouveau président de cette institution pour deux ans qu'il ne se représenterait pas en cas de candidature de l'ayatollah Mohammad Reza Mahdavi Kani.
M. Mahdavi Kani, religieux conservateur influent qui a été Premier ministre pendant un an peu après la révolution islamique de 1979, est âgé de 80 ans.
M. Rafsandjani a présidé l'Assemblée des experts pendant quatre ans. Il occupe encore un autre poste important au sein du régime, à la présidence du Conseil de discernement, qui conseille le Guide et arbitre les litiges entre Parlement et gouvernement.
Il est depuis plusieurs mois la cible d'une vaste offensive politique des ultra-conservateurs, qui lui reprochent d'avoir soutenu l'opposition réformatrice dans la crise qui a suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.
Ces derniers mois, M. Rafsandjani a toutefois pris ses distances avec l'opposition. Il a condamné la reprise des manifestations de l'opposition à la mi-février, après un an d'interruption, à l'appel des leaders de l'opposition réformatrice, l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi et l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi.
Commentant ces manifestations interdites, il a affirmé que "toute action non conforme à la loi est haram" (interdit par la religion), une expression plus forte que toutes celles qu'il avait employées auparavant pour critiquer l'opposition.
La direction collégiale de l'Assemblée des experts qu'il présidait avait été plus dure encore en condamnant "les chefs de la sédition (MM. Moussavi et Karoubi) qui ont rendu les meilleurs services aux Etats-Unis et au régime sioniste".
Ces derniers jours, il a multiplié les appels à "mettre de côté ses intérêts personnels" pour préserver "les intérêts du régime et l'unité du pays". Mais cela n'a pas été suffisant aux yeux des conservateurs, qui ont durci le ton après la reprise de manifestations antigouvernementales.
Signe de la perte d'influence de M. Rafsandjani, l'un de ses fils, Mohsen Hachemi, qui dirigeait le métro de Téhéran depuis 13 ans, a dû démissionner samedi. Il était depuis plusieurs années la cible des attaques des conservateurs et du gouvernement de M. Ahmadinejad.
La fille de l'ex-président, Faezeh Hachemi, avait été brièvement arrêtée lors d'une manifestation interdite de l'opposition à Téhéran le 20 février. L'agence officielle IRNA avait alors affirmé qu'elle "lançait des slogans provocateurs" incitant les gens à manifester.
Son autre fils, Mehdi Hachemi, est accusé de soutenir l'opposition et menacé d'arrestation. Il a quitté le pays il y a un an et demi et vit à Londres.

