Dans une interview publiée jeudi par le quotidien panarabe Asharq al-Awsat, Seif al-Islam Kadhafi a affirmé que les dissidents ne représentaient qu'une infime partie du peuple libyen. "On parle de quatre ou cinq personnes, 100.000 allez, ou même un million si vous voulez", a-t-il dit.
"Or le peuple libyen compte six millions (de personnes) et si des élections étaient organisées, nous obtiendrions 80% des voix", a-t-il ajouté.
Seif al-Islam s'en est ainsi violemment pris au "Conseil national" de transition créé par les dissidents, qualifiant ses membres d'ordures".
"Quand les choses allaient bien dans le pays, moi-même j'étais réformateur et opposant mais quand les gens franchissent les lignes rouges, je leur jette une chaussure à la tête", a-t-il ajouté.
Il a aussi catégoriquement démenti les informations faisant état de la mort de centaines de personnes dans la répression de la révolte par le régime libyen, les qualifiant de "foutaise".
"Sur 90% du territoire la situation est impeccable mais nous avons des problèmes à présent à Derna, Benghazi et un peu à Tobrouk", trois villes dans l'Est du pays, a-t-il ajouté.
"La Libye ne sera par morcelée, il s'agit d'une crise qui passera", a assuré celui qui était souvent présenté comme possible successeur de son père.
Il a aussi répété que Kadhafi et sa famille ne partiront pas de Libye. "Nous vivons et mourrons dans notre pays et n'irons pas à Jeddah ou Charm el-Cheikh", a-t-il martelé.
Les anciens présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak s'étaient réfugiés respectivement à Jeddah (Arabie saoudite) et Charm el-Cheikh (sur la mer rouge en Egypte), après avoir été chassés du pouvoir par des révoltes populaires.
"La Libye n'est pas la Tunisie ou l'Egypte et je me moque d'Al-Jazira (la télévision satellitaire), de la VI flotte (américaine) et de l'Otan", a-t-il conclu.

