Huit mois après les élections du 7 mars 2010, le chef de file de la liste Iraqiya, qui avait longtemps convoité le fauteuil de Premier ministre, avait finalement accepté en novembre de prendre la tête du Conseil national de la politique stratégique (CNPS), un nouvel organe doté de pouvoirs exécutifs.
Ce Conseil, qui devait rassembler les principaux dirigeants politiques du pays, devait permettre de limiter les pouvoirs de Nouri al-Maliki, qui s'est maintenu au poste de Premier ministre à la faveur de l'accord de partage de pouvoir du 10 novembre.
Mais plus de deux mois après l'investiture du nouveau gouvernement, la loi permettant de créer le CNPS n'a toujours pas été votée.
"Je ne participerai pas au Conseil national", a déclaré M. Allawi dans un entretien à la chaîne satellitaire al-Rachid, qui devait être diffusé mercredi soir, et dont l'AFP a obtenu des extraits.
"Cette décision est définitive, et Iraqiya peut choisir une autre personne que moi", a-t-il ajouté, expliquant son choix par "la non-mise en application de l'accord national de partenariat".
Lors des législatives, Iraqiya avait devancé de deux sièges la liste de l'Etat de droit de M. Maliki (91 contre 89 sur un total de 325), donnant lieu à des mois de tractations entre les différents dirigeants irakiens pour former un gouvernement.
A la faveur de négociations à Erbil (nord), à l'initiative du président de la région autonome kurde Massoud Barzani, un accord de partage de pouvoir incluant toutes les tendances avait finalement été arraché en novembre, puis officialisé lors d'un vote au Parlement.
L'accord portait sur neuf points, dont l'un concernait la création du CNPS.
M. Allawi, un chiite, était à la tête d'une liste laïque qui a été très largement soutenue par les sunnites, minoritaires en Irak.

