Interrogé sur la question d'une éventuelle interdiction de survol de la Libye, M. Lavrov a rappelé qu'une résolution du Conseil de sécurité avait "déjà été prise il y a deux jours".
"Je pense qu'il faut éviter de s'agiter et se consacrer à la mise en oeuvre totale par tous" de cette résolution, a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse à Genève.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité une résolution imposant des sanctions sévères au colonel Mouammar Kadhafi, à sa famille et à des proches du régime, dont un embargo sur la vente d'armes et de matériels connexes à la Libye.
Depuis ce vote, certains pays ont évoqué la possibilité de faire davantage pression sur le régime libyen en interdisant le survol du territoire.
Le chef de la diplomatie russe a assuré que la question n'avait pas été abordée pendant sa rencontre lundi avec son homologue américaine, Hillary Clinton, en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
"Nous avons bien sûr évoqué la situation en Libye, et dans son ensemble le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, mais en aucune façon, les zones d'interdiction de survol n'ont été abordées", a expliqué M. Lavrov.
"Il n'y a pas eu de proposition à ce sujet à ce jour", a-t-il insisté.
"Nous considérons que toute nouvelle proposition doit être étudiée par le Conseil de sécurité de l'ONU", a encore souligné le responsable russe.
Lundi, Mme Clinton s'était engagée à "explorer toutes les options possibles" d'action, indiquant notamment "considérer activement" l'option d'interdire tout survol de la Libye pour empêcher le massacre de civils par l'aviation libyenne fidèle au régime en place à Tripoli.
L'idée avait été soutenue dans la journée à Genève par le ministre australien des Affaires étrangères, Kevin Rudd, sans toutefois faire consensus.

