Des centaines de manifestants ont prié ensemble sur la place de la Perle dans le centre de capitale bahreinie, alors que des religieux chiites avaient appelé à commémorer la mémoire de sept personnes tuées au début de la révolte, selon un correspondant de l'AFP.
L'amiral Mike Mullen, chef d'état-major interarmées, en tournée dans le Golfe depuis le 20 février, a rencontré jeudi soir le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa et le prince héritier, Salman ben Hamad Al-Khalifa, avant de partir vendredi pour le Koweït.
Sur la place de la Perle, épicentre de la contestation qui est entrée dans sa douzième journée, des manifestants qui campent sur place, agitaient des drapeaux bahreïnis, rouge et blanc.
"Nous voulons que les Al-Khalifa quittent Bahreïn", a lancé un des manifestants, Ahmed Abdallah, 20 ans, en référence à la dynastie sunnite qui règne depuis 200 ans sur la petite île du Golfe, dont la majorité des 1,2 million d'habitants sont chiites.
"La majorité demande un changement de régime", assure Ibrahim Ali, 42 ans, un ingénieur en mécanique venu sur la place pour participer à la manifestation.
Mais les formations de l'opposition, dominée par les chiites, ne semblent pas vouloir d'une chute du régime mais demandent des réformes profondes, dont une "véritable" monarchie constitutionnelle.
Un religieux chiite, Abdel Jalil al-Moqdad a déclaré à l'AFP après s'être adressé aux manifestants: "Nous voulons un régime parlementaire et démocratique, un régime où le Parlement serait élu par le peuple et qui formerait le gouvernement".
Il a nié tout caractère confessionnel des protestations.
"Est-ce que vous avez entendu des demandes confessionnelles ou des demandes qui ne concernent qu'une partie du peuple bahreïni?", s'est-il interrogé.
"Le peuple ne fait que demander la démocratie et une distribution équitable des richesses et ces demandes concernent tout le peuple", a-t-il ajouté.
Les forces de police étaient absentes tandis qu'un hélicoptère survolait la place autour de laquelle la circulation automobile était normale.
Les membres du service d'ordre portant des gilets de couleur orange recevaient des dons des automobilistes qui apportent victuailles et boissons aux manifestants.
Au cours de sa rencontre avec le roi, l'amiral Mullen a de nouveau salué "la manière très modérée avec laquelle le roi et le prince héritier ont répondu à la crise", a indiqué le capitaine John Kirby, porte-parole militaire américain.
Après des violences initiales qui ont fait sept tués parmi les manifestants, les forces de sécurité se sont retirées sur ordre du prince héritier, chargé par son père de conduire un dialogue national avec l'opposition.
Le capitaine Kirby a ajouté que le chef d'état-major inter-armée américain avait fait part de son appréciation sur la manière dont la monarchie "conduit les changements qu'elle opère à l'intention de son peuple".
L'amiral Mullen a quitté vendredi Bahreïn, quartier général de la Ve flotte, chargée de protéger les voies d'approvisionnement en pétrole dans le Golfe. Il est arrivé au Koweït pour assister aux cérémonies célébrant la libération du pays par une coalition internationale en 1991, après son invasion par l'Irak.

