Dans une déclaration devant le Conseil des ministres, le chef de l'Etat a demandé à sa ministre des Affaires étrangères Michel Alliot-Marie de "proposer à nos partenaires de l'Union européenne l'adoption rapide de sanctions concrètes afin que tous ceux qui sont impliqués dans les violences en cours sachent qu'ils devront assumer les conséquences de leurs actes".
"Ces mesures concernent notamment la possibilité de les traduire en justice, l'interdiction d'accès au territoire de l'Union et la surveillance des mouvements financiers", a-t-il ajouté.
Au lendemain des déclarations très fermes du colonel Kadhafi affirmant qu'il resterait au pouvoir en Libye et menaçant les manifestants de "boucheries", Nicolas Sarkozy, président en exercice des G8 et G20, ne s'est pas prononcé sur l'avenir du dirigeant libyen mais a souhaité "que soit examinée la suspension des relations économiques, commerciales et financières avec la Libye, jusqu'à nouvel ordre".
Deux jours après un premier communiqué où il condamnait "l'usage inacceptable" de la force contre les manifestants qui occupaient mercredi plusieurs villes du pays, Nicolas Sarkozy a cette fois dénoncé "la répression brutale et sanglante contre la population civile" du pays.
Les violences en Libye ont fait au moins 300 morts en une semaine, selon un bilan officiel du régime.
"La France et les Français suivent ces événements avec horreur et compassion. Un tel usage de la force contre sa propre population est indigne", a déclaré le chef de l'Etat, assurant que "la communauté internationale ne (pouvait) rester spectatrice face à ces violations massives des droits de l'Homme".
Il a également répété son appel à "l'arrêt immédiat des violences" et invité "les dirigeants de ce pays à engager sans délai un dialogue politique afin que cesse la tragédie en cours".
Les déclarations de Nicolas Sarkozy interviennent alors que sa politique étrangère fait l'objet de sérieuses critiques, en pleine vague de contestation populaire dans les pays arabes.
Dans une tribune sans précédent publiée dans le quotidien Le Monde daté de mercredi, des diplomates anonymes ont accusé le chef de l'Etat d'être responsable des "déboires" de la diplomatie française en Tunisie, Egypte ou au Mexique.
Ces critiques visent aussi l'accueil très controversé réservé en décembre 2007 au colonel Mouammar Kadhafi à Paris, quelques mois après la libération, notamment grâce aux efforts de Nicolas Sarkozy, des infirmières bulgares retenues dans les prisons libyennes.

