"Dix manifestants ont été blessés à la tête, au bras, sur le dos", a affirmé à l'AFP Ricot Hama Rachid, responsable des services de santé de la province de Souleimaniyeh, deuxième ville de Kurdistan irakien. Selon lui, les personnes hospitalisées souffrent d'ecchymoses dues à des coups de bâton et des coups de poing.
Les échauffourées se sont produites quand des manifestants ont tenté d'entrer dans un siège du PDK, distant de 400 mètres de celui qu'ils avaient attaqué jeudi. Les forces de sécurité ont tiré en l'air pour les éloigner et les manifestants se sont déployés à proximité de ce siège et ont brûlé des pneus, a constaté un journaliste de l'AFP.
En début d'après-midi, un millier de personnes s'étaient rassemblées sur la place principale de Souleimaniyeh (270 km au nord de Bagdad) pour exiger la libération des personnes arrêtées, le départ des forces de sécurité de la ville et la traduction en justice du chef du PDK de la ville qui, selon les manifestants, a donné jeudi l'ordre de tirer.
Dans la matinée, 2.000 étudiants avaient défilé à l'université de Souleimaniyeh pour exiger des excuses du président de la région Massoud Barzani, après la répression sanglante d'une manifestation jeudi.
Les forces de l'ordre ont empêché les étudiants de sortir du campus, selon un correspondant de l'AFP.
"Le chef du Parti démocratique du Kurdistan Massoud Barzani doit présenter ses excuses aux habitants de Souleimaniyeh pour les tirs des gardes de son parti", pouvait-on lire sur une banderole.
M. Barzani est le président de cette région autonome depuis juin 2005 et le chef du PDK depuis 1979.
Les manifestants ont également réclamé "le châtiment des auteurs des tirs contre les manifestants et le retrait de la ville des forces militaires" qui sont venues à la suite des accrochages de jeudi.
"Les autorités de la région ne comprennent pas ce que signifie la démocratie", a affirmé Frishta Karim, une étudiante.
Environ 3.000 personnes, majoritairement des jeunes, avaient manifesté jeudi à l'appel d'une ONG proche de l'opposition contre la "corruption" du gouvernement de la région, dirigée depuis des décennies par le PDK et l'UPK.
Les manifestants s'étaient dirigés vers les sièges des deux formations aux cris de "Gouvernement démission", "Du travail pour les chômeurs", et avaient jeté des pierres sur le bâtiment du PDK.
Quand certains avaient tenté de le prendre d'assaut, des gardes avaient tiré en l'air puis les services de sécurité du parti et la police s'étaient déployés. Deux jeunes avaient été tués et 54 blessés par balles.
Peu après, sept bureaux du parti Goran avaient été incendiés et pillés à Erbil et Dohouk. Un dirigeant de cette formation d'opposition avait accusé des membres du PDK. La présidence du Kurdistan avait démenti.
Un incident a opposé samedi au Parlement de Bagdad les factions kurdes. Alors que le chef du groupe Goran, Chorech Hatchi, affirmait que des gardes du PDK avaient tiré sur des personnes défilant pacifiquement contre la corruption et pour des emplois, il a été interrompu à plusieurs reprises par une députée du PDK, Ashwaq Al-Djaf, qui criait "c'est faux, ce sont les manifestants qui ont attaqué le PDK et pas le contraire".

