Seule devant son qanun, Imane Homsi fait tomber des pluies de notes. (Marwan Assaf)
Élève de Mohammad al-Sabsaby depuis l'âge de 7 ans jusqu'à l'obtention de son diplôme avec une mention d'excellence du Conservatoire national supérieur de musique en 1991, Imane Homsi est également diplômée en architecture de l'ALBA en 1994. Nommée chef de département du qanun au conservatoire, elle se produit aussi bien en solo qu'au sein d'ensembles musicaux et d'orchestres au Liban, dans le cadre des festivals internationaux d'al-Bustan, de Baalbeck et de Beiteddine, mais également dans de nombreux concerts aux États-Unis et en Europe.
Pluies de sons
Celle à qui l'on doit la technique de l'usage des dix doigts (d'habitude le qanun se pince avec deux doigts) a réussi, en augmentant le nombre de plectres, à donner de nouvelles dimensions d'interprétation au répertoire classique oriental, l'émaillant de nouvelles couleurs et teintes musicales. Ainsi, si les deux mains d'Imane Homsi se déplacent telles des vagues ondulant sur le plateau horizontal de l'instrument, les auriculaires pincent les cordes sans plectre pour obtenir des sons différents. On croirait, en fermant les yeux, entendre soit un oud ou un violoncelle, ou encore un clavecin. L'artiste est là, seule sur scène, dans sa longue robe noire, assise devant son qanun qu'elle magnifie avec beaucoup de déférence. C'est le règne du qanun qui, en général, ne fait qu'accompagner au sein d'un ensemble musical. Ce soir, il est soliste et quel soliste! On croirait entendre un orchestre complet.
Au programme donc, des «taqassim» pour commencer, suivis par un morceau composé par Imane Homsi elle-même et inspiré par sa fille Sara: «C'est à partir d'une berceuse que je lui fredonnais que ce thème musical est né.» Sur fond d'une projection d'un film vidéo réalisé par Farid Assaf, à l'intention de la petite, Sara émeut par sa création novatrice. D'autres «taqassim», dont l'arrangement a été réalisé par l'artiste, vont succéder. Et après une petite pause, Homsi enchaînera avec une composition personnelle et moderne baptisée IRM. Cette composition est née «d'une expérience unique», dira la musicienne, où, durant vingt minutes, n'ayant pas pu bouger et écoutant le bruit martelant de la machine, elle essaiera de laisser divaguer son esprit et de rêver. «Cette musique illustre parfaitement les émotions qui s'entrechoquent quand on pénètre ce tunnel. Ayant vécu cette expérience, j'ai voulu traduire ces instants et les reproduire en musique», explique l'artiste. D'où la naissance d'une composition à la fois complexe et lumineuse, illustrée de nouveau par une vidéo signée Assaf.
Enfin, pour clore ce récital bigarré qui avait attiré un public nombreux, Imane Homsi avait choisi des morceaux du compositeur Felimon Wehbé (Albi Da2 et Ya Mersal il-Marasil), un autre du folklore libanais, Bint el-Shalabiah, ainsi qu'un troisième intitulé Thalia avec un arrangement signé Tony Anka.

