Cette quarantaine d'Irakiens, des blessés et leurs proches, s'est recueillie au milieu de milliers de croyants réunis sous les vastes voûtes en béton de la basilique souterraine Saint-Pie-X pour l'office célébré par Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes.
Des larmes ont coulé sur les joues des femmes. "Kyrie Eleison" ("Seigneur, prends pitié") s'est échappé de leur bouche tandis que l'évêque déplorait que, parmi toutes les "maladies qui affectent notre onde (...) l'intolérance est une des pires".
Ces Irakiens ont été accueillis et soignés en France après l'attentat qui a tué 44 fidèles et deux prêtres en pleine messe, le 31 octobre, dans la cathédrale Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours à Bagdad.
Après la messe à Saint-Pie-X, ils devaient se rendre dans la grotte de Massabielle, où Bernadette Soubirous a affirmé que la Vierge lui était apparue à 18 reprises en 1858. C'est dans la grotte, coeur des sanctuaires et destination d'environ six millions de pèlerins chaque année, que jaillit une source aux eaux réputées miraculeuses.
"On est venu pour prier la Sainte Vierge, qui est notre mère. Nous gardons espoir qu'elle puisse nous guérir et nous donner la paix, en Irak et partout" ailleurs, a dit en français Raphaël Kutaimi, recteur de la cathédrale attaquée le 31 octobre 2010. Seul survivant parmi les officiants ce jour-là, il a passé une dizaine de jours à l'hôpital.
"Nous demandons la paix pour que tous les chrétiens puissent vivre en paix avec les musulmans", a-t-il dit.
Dans les faits, a-t-il rappelé, beaucoup de chrétiens d'Irak ont migré vers le Kurdistan, région réputée plus sûre au nord du pays, la Syrie, la Jordanie ou le Liban.
D'autres ont trouvé refuge en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie. Sur les 800.000 à un million de chrétiens qui vivaient en Irak avant la guerre, il n'en resterait plus que la moitié.

