"La marche a été maintenue. Elle aura lieu comme prévu le samedi 12 février à 11H00 (10H00 GMT)", a déclaré à l'AFP Tahar Besbès, député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, principal parti d'opposition), après une réunion de la Coordination.
Outre le RCD, la Coordination, qui est née dans la foulée début janvier de quatre jours d'émeutes, regroupe la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) et des représentants de la société civile.
"Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de refus pour organiser notre marche de la part de la wilaya (préfecture) d'Alger, qui nous a demandé, mercredi dernier, de reformuler la demande", a déclaré pour sa part le président de la LADDH Mustapha Bouchachi, cité par l'agence de presse APS.
M. Bouteflika s'est engagé jeudi à lever très prochainement l'état d'urgence, en vigueur depuis février 1992, et a annoncé l'ouverture des médias publics et diverses mesures réclamées par l'opposition et la société civile.
Mais la Coordination pour le changement et la démocratie revendique toujours la levée de l'état d’urgence et surtout "le départ du système".
S'appuyant sur les exemples de Tunisie et d'Egypte, elle a adopté le slogan "système dégage", mettant l'accent sur les revendications économiques et sociales, dont le chômage des jeunes et la crise du logement, fréquemment à l'origine d'émeutes.
Le président Bouteflika avait rappelé jeudi qu'Alger était interdite aux manifestations mais que des marches pouvaient être organisées ailleurs. Pour les autorités, l'interdiction des marches à Alger est justifiée par "des raisons d'ordre public".
Les manifestations de rue sont interdites dans la capitale depuis le 14 juin 2001 quand une marche en faveur de la Kabylie avait tourné à l'émeute faisant huit morts et des centaines de blessés.

