"Je souhaite que le peuple égyptien réussisse à instaurer la démocratie (...) Il a le droit de s'exprimer sans être persécuté", a affirmé dans une interview à l'AFP le chef du gouvernement irakien, qui a longtemps lutté contre la tyrannie de Saddam Hussein.
"Il n'y a pas de réelle démocratie dans la région à part l'Irak et une des formes de non-démocratie est peut-être le fait qu'un homme puisse rester 30 ou 40 ans au pouvoir", a déclaré cet homme de 60 ans, qui a passé plus de 20 ans en exil. "C'est peut-être intolérable pour les gens et le changement est nécessaire".
"En restant aussi longtemps au pouvoir dans son pays, il entend signifier qu'il n'a confiance en personne à part lui et ceci entraîne le rejet par la population", a-t-il ajouté.
Le président Hosni Moubarak est arrivé au pouvoir en octobre 1981 après l'assassinat d'Anouar al-Sadate par des intégristes religieux et n'a jamais choisi de vice-président jusqu'à ces derniers jours.
"En dépit de la pauvreté des services et de la mauvaise situation économique, les demandes des manifestants se concentrent sur la nature du régime, ce qui signifie qu'il y a un besoin de changer le régime pour aller vers la démocratie", a-t-il souligné.
Interrogé sur les conseils qu'il pouvait donner aux Egyptiens, il a répondu: "A la population, je conseille d'exercer son droit, sans sabotage, ni violence, ni destruction car c'est votre pays".
"Aux responsables, je leur dis: +ne considérez pas que vous subissez une défaite quand vous cédez votre position à d'autres car votre pays a besoin de ces changements+ et à tous les Egyptiens, je conseille de ne pas laisser place à des interventions étrangères car cela compliquera tout".
Il a estimé que la dictature de Saddam Hussein ne pouvait être comparée à aucune autre. "Les manifestations auraient été terminées le premier jour car ils auraient attaqué les manifestants avec des armes chimiques, comme il l'a déjà fait".

