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HRW accuse l'Irak de gérer une "prison secrète" à Bagdad

Des troupes d'élite sous les ordres du Premier ministre Nouri al-Maliki gèrent une "prison secrète" dans le nord de Bagdad et torturent des prisonniers dans un autre centre de détention de la capitale, affirme mardi Human Rights Watch.
Ces accusations interviennent une semaine après un article du Los Angeles Times affirmant que des prisonniers sont détenus dans des conditions très dures, certains depuis deux ans, à Camp Honor, dans la "zone verte", secteur ultra-protégé de la capitale irakienne. Le gouvernement irakien avait rejeté ces accusations.
HRW affirme, citant des interviews et des documents officiels classifiés, que les autorités ont transféré fin novembre près de 300 détenus dans une prison secrète située au sein d'un centre de détention dépendant du ministère de la Justice, à l'intérieur d'une base militaire, "Camp Justice", dans le nord-ouest de Bagdad.
"Ce transfert dans la précipitation a eu lieu quelques jours avant la visite prévue d'une équipe d'inspection internationale à Camp Honor", affirme dans un communiqué l'organisation basée à New York.
"Le gouvernement irakien doit immédiatement fermer ces centres ou les régulariser afin qu'ils soient ouverts aux inspections et aux visites", poursuit l'organisation de défense des droits de l'Homme.
HRW affirme disposer de 18 documents sur ce sujet, citant une lettre du procureur d'un tribunal irakien datant du 6 décembre 2010, demandant au Premier ministre Nouri al-Maliki d'arrêter d'interdire la visite de Camp Justice par les inspecteurs internationaux ou les familles des victimes.
L'organisation affirme que cette prison secrète est gérée par la 56e Brigade, dite "brigade de Bagdad" de l'armée, et les services du contre-terrorisme qui dépendent du cabinet militaire de M. Maliki.
Le vice-ministre de la Justice chargé des prisons, Bucho Ibrahim, a opposé un démenti mardi.
"Cette prison dépend du ministère de la Justice et nous avons accès à toutes les sections de la prison. Il n'y a pas de prisons secrètes là-bas. Le directeur est un fonctionnaire de notre ministère", a-t-il dit à l'AFP.
HRW rapporte également que d'anciens détenus ont confié avoir été victimes de sévices à Camp Honor. Dans son article, le LA Times rapportait également la semaine dernière des sévices contre les prisonniers, qui ne pouvaient pas voir régulièrement leurs avocats ni leurs familles.
M. Ibrahim avait répliqué que des organisations de la société civile, parmi lesquelles le Comité international de la Croix-rouge (CICR), avaient pu visiter Camp Honor, ce qui avait ensuite été démenti par le CICR.
Les détenus de Camp Honor ont dit à HRW que "les interrogateurs les battaient, les suspendaient par les pieds, la tête à l'envers, pendant plusieurs heures, leur administraient des décharges électriques sur différentes parties du corps, dont les parties génitales, les asphyxiaient à plusieurs reprises avec des sacs en plastique jusqu'à ce qu'ils s'évanouissent".
Des troupes d'élite sous les ordres du Premier ministre Nouri al-Maliki gèrent une "prison secrète" dans le nord de Bagdad et torturent des prisonniers dans un autre centre de détention de la capitale, affirme mardi Human Rights Watch.Ces accusations interviennent une semaine après un article du Los Angeles Times affirmant que des prisonniers sont détenus dans des conditions très dures, certains depuis deux ans, à Camp Honor, dans la "zone verte", secteur ultra-protégé de la capitale irakienne. Le gouvernement irakien avait rejeté ces accusations.HRW affirme, citant des interviews et des documents officiels classifiés, que les autorités ont transféré fin novembre près de 300 détenus dans une prison secrète située au sein d'un centre de détention dépendant du ministère de la Justice, à l'intérieur d'une base...