Trois masques géants se détachent sur le fond noir de la salle où arrive la danseuse qui pousse une énorme pomme rouge et brillante.
Trois masques géants se détachent sur le fond noir de la salle où arrive la danseuse, qui pousse une énorme pomme rouge et brillante. Eve danse juste vêtue d'un body couleur chair, puis joue avec un voile dans lequel elle se drape, s'emmêle, qu'elle fait tournoyer puis rentrer à l'intérieur de son vêtement pour signifier qu'elle va enfanter.
Allongée sur le sol, elle anime une petite marionnette, avant de danser de nouveau, sauvage, primitive.
Puis la danseuse revêt un masque blanc, enveloppée dans une cape également blanche. Elle est une guerrière, protégée par son armure, puis enfermée dans un vêtement dont la jupe est une cage grillagée dans laquelle elle doit se glisser.
Grâce au texte de Molière, dans "L'École des femmes", que dit Marie-Claude Pietragalla, danse et théâtre s'entremêlent pour souligner la domination de l'homme sur la femme. "Le mariage n'est pas un badinage", rappelle Molière, et "son sexe n'est là que pour la dépendance".
Sont aussi repris et mimés les mots de la poétesse Andrée Chédid: "Par la magie de l'artifice, la femme artiste masque les stigmates du temps, puis interroge son reflet dans le miroir".
L'écrivain Marek Halter et le comédien Daniel Mesguich disent la plupart des textes, la musique allant de Bach à Lully, de l'électro à Barbara.
"Femme, muse, inspiratrice, créatrice, je suis multiple, à travers cette histoire collective qui nous révèle nos peurs et nos chimères, j'avance, je tâtonne, je trébuche, mais je reste l'éternel féminin", assure l'ancienne étoile de l'Opéra de Paris.
"Les multiples identités de mon personnage me permettent d'évoluer dans des univers variés, où je me joue des codes du théâtre, passant du drame au burlesque", ajoute l'ancienne directrice du Ballet national de Marseille qui a désormais créé sa propre compagnie.
En mouvements saccadés, Marie-Claude Pietragalla autant comédienne que danseuse se transforme bientôt en ménagère, pantin désarticulé obsédé par la propreté, ou en femme moderne, gravement stressée entre ordinateur, téléphone, cours de Bourse et médicaments.


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