"Rached Ghannouchi doit rentrer dimanche à Tunis", a déclaré à l'AFP Houcine Jaziri, représentant en France du parti islamiste interdit sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali.
"Il ne rentre pas en triomphant, en revendiquant une quelconque place au gouvernement, mais comme simple citoyen pour renouer avec les forces vives du pays, pour favoriser un passage pacifique, tranquille, sans exclusion vers la démocratie", a-t-il ajouté.
Rached Ghannouchi avait annoncé lundi qu'il allait passer la main aux jeunes à la tête de son parti, n'estimant "pas nécessaire" de rester à la tête du mouvement alors qu'une génération "plus jeune" et "plus apte" que lui était prête à prendre la relève, dans une interview à la télévision France 24.
"Ennahda va demander sa régularisation (comme parti politique). Dans quelques mois aura lieu un congrès du parti et Rached Ghannouchi ne se représentera pas à la tête du mouvement", a précisé M. Jaziri.
La principale figure d'Ennahda est actuellement son porte-parole en Tunisie, Hamadi Jebali.
Rached Ghannouchi avait fondé en 1981 Ennahda (renaissance), avec des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens, et se dit aujourd'hui représentant d'un islam modéré proche de l'AKP turc.
Toléré, y compris à l'arrivée au pouvoir de Ben Ali en 1987, le parti avait été réprimé après les élections de 1989, où la liste qu'il soutenait avait recueilli au moins 17% des suffrages.
M. Ghannouchi avait alors quitté la Tunisie pour l'Algérie, puis pour Londres. En 1992, il avait été condamné par contumace à la prison à perpétuité avec d'autres responsables religieux, pour un complot contre le président.
Le gouvernement tunisien de transition, mis en place après la chute de Ben Ali le 14 janvier, a adopté un projet de loi d'amnistie générale qui concernera aussi les islamistes, et doit être voté par le Parlement.


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