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Culture - Livre

« 7500 signes » en toute élégance...

Dans « 7500 signes » (éd. Gallimard), Philippe Labro a rassemblé une sélection de ses chroniques hebdomadaires publiées dans « Le Figaro », entre 2008 et 2010. Un bouquet de textes édifiants signés d'un chroniqueur au style et au regard tout simplement élégants.

Philippe Labro, grand observateur de son époque. (DR)

«Arrête-toi quand ça devient emmerdant.» Cette recommandation, adressée par un directeur de rédaction à Tom Wolfe, romancier américain, alors journaliste débutant, Philippe Labro, son collègue et ami, l'a faite sienne. Avec un savoir-faire admirable, il a appliqué ce précepte-clé de toute écriture aussi bien dans ses textes journalistiques que dans ses romans. Depuis ses «Débuts à Paris»* jusqu'à aujourd'hui, Philippe Labro, journaliste, écrivain, scénariste et réalisateur français, a su rester attentif à ne pas ennuyer son lecteur. Tout en l'informant et en l'instruisant. Car, comme il le signale dans l'avant-propos de 7500 signes, son dernier ouvrage (disponible dans les librairies beyrouthines), «il ne faut jamais être emmerdant. Jamais! C'est la première loi de l'écriture journalistique (...) il faut aussi apprendre quelque chose à qui va vous lire».
Mission parfaitement accomplie dans ce recueil regroupant une soixantaine de ses chroniques qui, en 7500 signes chacune - d'où le titre du livre -, délivrent tout à la fois une information reliée à l'actualité, des observations étayées par la large culture de l'auteur et cette atmosphère de romanesque qui nimbe souvent les portraits qu'il trace de ses contemporains.
«Ton regard, aussi bien celui du romancier que celui du journaliste, sur tout sujet qui t'intéresse, chaque semaine. Tu as 7500 signes pour le faire. Heure limite, 17 heures, le vendredi. Parution, le lundi.» Ce sont les termes du contrat qui va lier de 2008 à 2010 Philippe Labro au Figaro. Le chroniqueur relèvera le défi de cette contrainte de temps, d'espace et de délai avec beaucoup d'élégance.
Une question de regard
Élégance dans l'écriture: claire, limpide, sans effets recherchés ni préciosités inutiles. Élégance dans la citation, dans la référence culturelle instructive, sans jamais verser dans l'étalage d'érudition. Et enfin élégance dans les portraits d'artistes, d'écrivains, de politiciens que brosse Philippe Labro avec un regard bienveillant et ouvert qui sait cependant garder son acuité et éviter les écueils de la complaisance.
C'est justement ce regard qui donne le ton - et un vrai plaisir de lecture - de ce recueil de textes journalistiques souvent à la frontière de l'écriture romanesque.
Le regard d'un observateur du monde, d'un passionné de l'humain autant que de l'actualité, qui entraîne le lecteur à sa suite, avec enthousiasme, au gré des événements (l'avènement d'Obama, l'affaire Clearstream, les célébrations du bicentenaire Chopin, la catastrophe du vol AF447...), à la rencontre et à la découverte, redécouverte, parfois, d'hommes et de femmes d'exception, de talent et de pouvoir.
Dans les 473 pages de ces 7500 signes, on croise aussi bien Camus, Mauriac, Hemingway, Fabrice Luchini, J.D. Salinger, Tom Wolfe, David Khayat (le cancérologue), Kennedy, Obama, Tony Blair, François Hollande, Merkel, Ahmadinejad, Hélène Thomas (89 ans, la doyenne des correspondants de presse à la Maison-Blanche) que ces discrets « Sherpas » qui, dans l'ombre des hommes les plus puissants de la planète, préparent les projets d'accords internationaux....
Dans cet ouvrage où les chroniques sont classées par sujets (histoire, Amérique - que ce grand américanophile connaît parfaitement -, portraits d'écrivains, d'artistes, de politiques, cinéma, sport, événements divers...), le lecteur peut piocher en fonction de ses centres d'intérêt ce qui l'interpelle. Il y trouvera toujours matière à réflexion et à enrichissement intellectuel.
Car ce journaliste, qui a toujours le «feu sacré», aime partager son « bonheur d'exercer ce métier qui demeure, dit-il, une providence: à tous les coups, on apprend. À tous les coups, on gagne. On gagne en connaissance de l'époque, en réflexions sur le passé, en projection sur le présent et l'avenir, en tentatives de réponses aux questions
éternelles».
Est-il encore nécessaire de vous dire que la lecture de cet ouvrage est fortement recommandée?

* En référence à « Un début à Paris », un de ses grands succès.
«Arrête-toi quand ça devient emmerdant.» Cette recommandation, adressée par un directeur de rédaction à Tom Wolfe, romancier américain, alors journaliste débutant, Philippe Labro, son collègue et ami, l'a faite sienne. Avec un savoir-faire admirable, il a appliqué ce précepte-clé de toute écriture aussi bien dans ses textes journalistiques que dans ses romans. Depuis ses «Débuts à Paris»* jusqu'à aujourd'hui, Philippe Labro, journaliste, écrivain, scénariste et réalisateur français, a su rester attentif à ne pas ennuyer son lecteur. Tout en l'informant et en l'instruisant. Car, comme il le signale dans l'avant-propos de 7500 signes, son dernier ouvrage (disponible dans les librairies beyrouthines), «il ne faut jamais être emmerdant. Jamais! C'est la première loi de l'écriture journalistique (...) il faut aussi...
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