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Culture - Textile

Des « ikats » couleur d’oasis

Un tissage unique en son genre, déployant sa splendeur à force de minutie et de créativité, ayant atteint son summum esthétique en Indonésie et aujourd'hui sur cimaise américaine.

Une vue d’ensemble de l’exposition.

Dans les villes oasis de l'Asie centrale, les vêtements des hommes et des femmes qui définissaient leur statut social et leur fortune étaient taillés dans une matière noble nommée ikat. Et dans les foyers, une place de choix était réservée à ces riches textiles. La plupart des cérémonies familiales étaient célébrées dans un environnement fait de ce genre d'étoffes dont le tissage relevait du grand art, avec son harmonie de couleurs, de motifs et d'exécution. De très beaux spécimens du genre sont actuellement exposés au Musée du textile à Washington sous le thème, « Couleurs des oasis : ikats de l'Asie centrale ». Il sont un don du célèbre collectionneur et banquier international d'origine turc, Murad Megalli. Durant plus de 22 ans, il avait été à la recherche de ces pièces, considérées comme les plus importantes du monde, à cause de leur rareté et parce qu'elles sont le summum de cet artisanat. Il s'agit de vêtements d'hommes et de femmes et des éléments décoratifs, datant du XIXe siècle, somptueux de par l'entrelacs des coloris vivides des tissus : vert d'eau, jaune éclatant, bleu roi et rouge coucher de soleil. La palette est d'une richesse inouïe, miroitante comme ces points d'eau rêvés après des traversées arides.
Le mot «ikat», d'origine indonésienne, désigne un textile exceptionnel de même qu'une technique de tissage particulièrement complexe que l'on trouve également en quelques lieux de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud. C'est là un procédé de teinture à la réserve, selon lequel un même fil présente différentes couleurs sur sa longueur. Une virtuosité artistique que celle de préfigurer ainsi les motifs et de teindre en conséquence chaque partie des fils, souvent à plusieurs reprises, avant de les tisser. Les motifs sont d'une infinie variété: de ceux en apparence fortuits à ceux extrêmement maîtrisés. À noter que c'est dans les pays de la Route de la soie qu'elle a déroulé ses splendeurs. Les ikats de l'Asie centrale se caractérisent par des tracés linéaires qui sont une inspiration abstraite de la nature (fleurs, arbres, oiseaux).

Plus qu'un textile
Récemment, ce genre d'étoffe a été très prisé par les collectionneurs et les grands couturiers (John Galliano, Issey Miyake, Yohji Yamamoto, Yves Saint Laurent). Et les grands musées d'ethnographie et de textiles du monde entier les recherchent activement. Tous n'hésitent pas à payer le prix fort pour les acquérir. D'autant que les ikats sont plus qu'un simple textile. Liés aux mythes fondateurs de différentes îles indonésiennes, on leur reconnaît des pouvoirs surnaturels. C'est pour cela qu'ils sont souvent l'élément principal des cérémonies: mariages, funérailles, compétitions sportives et autres coutumes du quotidien.
À noter que les ikats sont l'un des nombreux trésors que compte le Musée des textiles à Washington, réputé pour ses collections d'une grande variété et d'une grande valeur. Au total, plus de 20000 pièces historiques. Créé en 1925 par le philanthrope et amateur d'art George Hewitt Myers et accrédité en 1973, ce musée s'est donné pour mission de braquer les feux sur les mérites et l'importance culturels du monde des textiles.
Dans les villes oasis de l'Asie centrale, les vêtements des hommes et des femmes qui définissaient leur statut social et leur fortune étaient taillés dans une matière noble nommée ikat. Et dans les foyers, une place de choix était réservée à ces riches textiles. La plupart des cérémonies familiales étaient célébrées dans un environnement fait de ce genre d'étoffes dont le tissage relevait du grand art, avec son harmonie de couleurs, de motifs et d'exécution. De très beaux spécimens du genre sont actuellement exposés au Musée du textile à Washington sous le thème, « Couleurs des oasis : ikats de l'Asie centrale ». Il sont un don du célèbre collectionneur et banquier international d'origine turc, Murad Megalli. Durant plus de 22 ans, il avait été à la recherche de ces pièces, considérées comme les plus...
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