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Culture - Exposition

Charme et poésie de l’enfance avec Huguette Caland

Sur toiles (méga, moyenne et minidimension) et peaux de mouton, les nouvelles œuvres picturales de Huguette Caland à la galerie Janine Rubeiz. Un monde enchanteur, enchanté, exubérant, plein de fraîcheur, joyeux et scintillant comme un conte bleu. À travers une expression moderne alliant écriture, signe, forme, couleur et matière, voilà tout le charme et la poésie de l'enfance, au « grand désordre clair », pour reprendre la formule de Schéhadé.

Des images, des dessins et une riche palette d’émotions jaillissent du travail de l’artiste. (Michel Sayegh)

Une dame qui fête ses quatre-vingts ans dans quelques jours parle de ses «jeunes années». C'est en ces termes, regorgeant de vitalité et d'une pétulance toute juvénile, que Huguette Caland cerne ses dernières créations, accrochées aujourd'hui aux cimaises de la galerie Janine Rebeiz à Raouché: «Je dédie cette exposition, dit-elle, à mes parents Laure Chiha et Béchara el-Khoury 1931-1952. De ces années difficiles, pleines d'évènements tumultueux, j'ai choisi de ne raconter que quelques moments vécus, qui ont gardé pour moi tout le charme et la poésie de mon enfance.»
Une artiste rompue au métier, au plaisir et aux sortilèges de peindre reprend allègrement, et en toute prestance et légèreté, les chemins d'autrefois. En quête bien entendu d'une enfance magique. C'est-à-dire en quête de ces taches de lumière qui nous font ciller à l'âge adulte, comme cette éblouissante vision d'Alain Fournier retrouvant Le Grand Maulnes...
Des images, des dessins et une riche palette d'émotions jaillissent des doigts qui remplissent ces espaces en petites croix bien rangées (on serait tenté parfois de les confondre avec des barbelés!), en maisonnettes aux tuiles rouges souriantes (tel un malicieux clin d'œil à Paul Klee), aussi minuscules que des boîtes d'allumettes renversées, des motifs chatoyants d'étoffes ramagées aux mordorures aussi capiteuses que le verbe de Schéhérazade.
Entre fleurs, détails sensuels et érotiques (petites charges coquines et tendres sans jamais être polissonnes !), ces images, radieuses et marquantes étapes de la mémoire et des souvenirs lumineux, ont des noms.
Ce n'est pas d'un cadastre qu'il s'agit, mais d'un état des lieux du temps écoulé. Lieux aimés et bénis qui réchauffent l'esprit et les articulations fatiguées. Avec aussi quelques bobos à la pointe du cœur car la vie n'est pas toujours ni tendre ni rose. Et la violence, comme toute fée du mal, existe. Et Huguette Caland, qui n'oublie jamais les leçons de l'histoire, des évènements et de la vie, souligne en douceur, dans un effleurement élégant et imperceptible, ces nuages noirs d'une bombe dans un jardin ou d'un ravissant Petit Sérail qu'on démolit pour l'érection d'une insipide bâtisse plus temple de négoce que distinction architecturale.
De ce tourbillon fourmillant de détails qui ont un lien d'une étroite fraîcheur avec l'enfance, entre parterre de fleurs tel un champ ondulant sous la verdure, phrases soigneusement (ou nerveusement) écrites avec des lettres qui ont la maturité des grands mais n'ont guère renoncé à une certaine naïveté du tracé des petits, surgissent Aley, Tarik ech-Cham, la maison de Freige à Zokak el-Blatt, Kantari.
Mais (autres temps, autres mœurs!) il y a aussi ces lettres (bonjour les e-mails et le courrier électronique!) avec timbres et tampons, fabuleux moments de voyage en Italie dont on garde jalousement et éternellement l'ivresse.
Et comment évoquer ces visages d'autrefois, surtout celles des gouvernantes de plusieurs nationalités? Splendide est aussi cette magnifique robe de mariée qu'on croirait volée à Klimt avec des surimpressions étourdissantes de tonalités juxtaposées en toute finesse et subtilité.
Monde merveilleux de l'enfance, mais qui, mine de rien, en dit long sur l'histoire d'une ville, d'un pays. Sur ses violences, ses distorsions, ses travers. Huguette Caland restitue cela avec un goût exquis, et jamais la peinture n'a eu des accents aussi soyeux, aussi aristocratiquement passionnés.
Une dame qui fête ses quatre-vingts ans dans quelques jours parle de ses «jeunes années». C'est en ces termes, regorgeant de vitalité et d'une pétulance toute juvénile, que Huguette Caland cerne ses dernières créations, accrochées aujourd'hui aux cimaises de la galerie Janine Rebeiz à Raouché: «Je dédie cette exposition, dit-elle, à mes parents Laure Chiha et Béchara el-Khoury 1931-1952. De ces années difficiles, pleines d'évènements tumultueux, j'ai choisi de ne raconter que quelques moments vécus, qui ont gardé pour moi tout le charme et la poésie de mon enfance.» Une artiste rompue au métier, au plaisir et aux sortilèges de peindre reprend allègrement, et en toute prestance et légèreté, les chemins d'autrefois. En quête bien entendu d'une enfance magique. C'est-à-dire en quête de ces taches de lumière...
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