Sur le terrain, des forces du Hamas ont été déployées à l'est de Gaza, à proximité de la frontière avec Israël pour maintenir le calme, ont rapporté des témoins.
"Le Hamas nous a informés avoir reçu un message de l'Egypte et d'autres parties, arabes ou non, selon lequel la situation à Gaza est très dangereuse car Israël pourrait lancer une nouvelle guerre si les tirs de roquettes continuent", a déclaré mercredi à l'AFP le chef d'une des factions concernées par le message, s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, a attiré en particulier l'attention des participants contre les conséquences de tirs de roquettes Grad, qui ont une portée de 40 km, selon lui.
Des hauts dirigeants du Hamas, notamment l'homme fort Mahmoud Zahar, ont convoqué à cet effet une "réunion d'urgence" dans un hôtel de la ville de Gaza, a-t-il ajouté.
Participaient à la réunion des représentants du Jihad islamique, du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), du Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) et d'autres groupes armés. En revanche, le groupe salafiste de l'Armée de l'islam, actif à Gaza, n'y a pas participé.
A l'issue de la réunion, un représentant du Hamas a lu un communiqué au nom de tous les groupes réaffirmant le "droit de résister à l'occupation israélienne, y compris par un consensus national", une allusion au maintien de la trêve annoncée par le Hamas en janvier 2009 après l'opération militaire israélienne Plomb Durci contre Gaza (1.400 morts palestiniens).
Le communiqué s'alarme des "plans de l'occupation israélienne de perpétrer un grand massacre" et appelle "la communauté internationale et la Ligue arabe à l'empêcher".
Un dirigeant politique du Hamas, Khalil al-Haya, a parlé d'"accalmie", exigeant qu'elle soit également observée par Israël.
Un chef du mouvement radical Jihad islamique, Khaled al-Batsh, a annoncé que son groupe "respecterait le consensus national compte tenu des intérêts supérieurs palestiniens", laissant entendre qu'il ne prendrait pas l'initiative d'attaques contre Israël tout en soulignant le droit "de se défendre contre les agressions" israéliennes.
Pour sa part, un responsable du FDLP, Saleh Zeidane, a déclaré à l'AFP avoir été averti par des hauts cadres du renseignement égyptien des risques d'une opération israélienne à grande échelle à Gaza. "Ils m'ont dit qu'ils étaient très inquiets (...) qu'Israël exploite les tirs de roquettes pour lancer une nouvelle guerre".
Des groupuscules radicaux palestiniens ont intensifié ces dernières semaines les tirs de roquettes et d'obus de mortier sur le sud d'Israël.
Israël a lancé des raids aériens en représailles et des responsables israéliens ont agité la menace d'une opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza, comme celle qui avait été menée il y a deux ans.

