Bartholomée Ier a remercié le gouvernement, issu de la mouvance islamiste, pour ses récents efforts en faveur des minorités non musulmanes de Turquie, mais a souligné qu'il attendait d'avantage.
"Nous attendons de nouveaux pas. Bien sûr, nous attendons la réouverture de notre séminaire (...) Nous espérons que le gouvernement fera la preuve de sa bonne volonté sur cette question", a-t-il déclaré dans une allocution retransmise par les télévisions après avoir rencontré le vice-Premier ministre Bülent Arinç au patriarcat.
"Le gouvernement considère comme un devoir de satisfaire les demandes fondées de nos citoyens qui ont vécu sur ce sol depuis des siècles (...) Nous allons essayer de répondre (à ces demandes) selon les lois et, si nécessaire, en cherchant de nouveaux arrangements", a affirmé M. Arinç.
La dernière visite d'un homme d'Etat du niveau de M. Arinç au patriarcat remontait à 1952, selon l'agence Anatolie.
L'institut de théologie de Halki, situé sur une île près d'Istanbul, a été le principal centre d'éducation religieuse orthodoxe en Turquie pendant plus d'un siècle, avant d'être fermé par les autorités turques en 1971, en vertu d'une loi plaçant les universités sous le contrôle de l'Etat.
Sans lui, l'Eglise ne peut former son clergé, ce qui complique notamment la succession de Bartholomée Ier.
L'Union européenne, dont la Turquie souhaite devenir membre, demande depuis longtemps la réouverture de ce séminaire.
Des responsables turcs se sont dits favorables à la réouverture du séminaire mais ont indiqué que des problèmes procéduraux y faisaient obstacles, l'établissement ne correspondant à aucune catégorie du système d'enseignement turc.
En geste de bonne volonté à l'égard de sa minorité orthodoxe, Ankara a autorisé plusieurs prêtres étrangers à prendre la nationalité turque et a récemment restitué au patriarcat un orphelinat centenaire saisi en 1997.

