Dans une lettre ouverte au gouvernement, les directeurs de la presse écrite et audiovisuelle condamnent la réaction "profondément dérangeante" de Canberra après la diffusion sur internet de dizaines de milliers de télégrammes diplomatiques.
Le Premier ministre Julia Gillard avait qualifié Julian Assange début décembre d'"irresponsable" et le site Wikileaks d'"illégal". Canberra a songé un moment annuler son passeport.
Mais WikiLeaks "fait partie des médias" et il n'y a aucune preuve sur une mise en danger d'individus ou de la sécurité nationale par la publication de ces télégrammes diplomatiques, estiment les auteurs de la lettre.
"Nous nous opposerons résolument à toute tentative de rendre illégale la publication de ces documents", ont écrit les patrons de presse à Julian Gillard.
"Tenter de fermer brutalement WikiLeaks, menacer de poursuite ceux qui publient ces fuites et faire pression sur des sociétés pour qu'elles cessent leurs activités commerciales avec WikiLeaks est une menace sérieuse pour la démocratie, qui repose sur une presse libre et intrépide", souligne la lettre.
Le volume des télégrammes publié est certes "sans précédent" mais Wikileaks a fait ce que fait depuis toujours la presse: "dévoiler des informations que les gouvernements préfèreraient garder secrètes, dit-elle encore.
WikiLeaks "a certainement commis des erreurs" mais il a aussi fourni aux citoyens la possibilité de connaître les pensées de Washington "sur certaines questions de politique étrangère les plus compliquées de notre époque", ont précisé les patrons de presse.
L'Australie a figuré à plusieurs reprises dans des câbles publiés sur WikiLeaks. L'un d'eux a rapporté que l'ancien Premier ministre, Kevin Rudd, aujourd'hui ministre des Affaires étrangères, avait demandé aux Etats-Unis d'envisager le recours à la force contre la Chine, si nécessaire.

