"Nous n'avons pas de contradiction à ce sujet", a assuré M. Poutine, lors d'une conférence de presse commune avec Mme Merkel à l'issue d'une entretien à la chancellerie.
Mme Merkel a estimé qu'il fallait aller dans cette direction, "pas à pas, pour devenir des partenaires plus étroits". Et que "l'une des premières choses à surmonter" était l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Une entrée que M. Poutine a estimé "possible" en 2011. "C'est notre souhait, et c'est possible", a-t-il dit, considérant qu'il n'y avait "plus de question en suspens".
Une adhésion de la Russie est "aussi souhaitable pour nous car la Russie est membre du G20", a dit Mme Merkel. "Nous aimerions finaliser les discussions du cycle de Doha (de l'OMC pour la libéralisation des échanges commerciaux, ndlr) et nous aimerions le faire avec la Russie comme membre de l'OMC", a-t-elle ajouté.
A propos de cette zone de libre-échange, M. Poutine a insisté sur le fait que "plus tôt on commencerait à en parler, mieux cela serait pour résoudre les nombreuses questions".
Dans une tribune parue jeudi dans un journal allemand, M. Poutine avait enjoint l'Union européenne à s'engager davantage dans la coopération économique avec Moscou et proposé une zone de libre-échange allant de Lisbonne à Vladivostock. Mme Merkel avait rétorqué qu'elle était obligée de "mettre de l'eau dans le vin" de M. Poutine.
Interrogée sur une éventuelle entrée de la Russie dans l'Euro, Mme Merkel a estimé que ce n'était pas actuellement le souhait de M. Poutine. Ce dernier a déclaré ne pas l'exclure pour l'avenir.
Vendredi matin, M Poutine s'était plaint du mauvais accueil que l'Europe réservait, selon lui, aux entreprises russes, qui "ne peuvent pas travailler dans ces conditions."
Les entreprises russes qui cherchent à prendre pied en Europe et en particulier en Allemagne rencontrent "souvent une résistance économique et politique", avait-il dit.
"Parfois, il est difficile pour nous (de nous développer en Europe) pour des raisons qui sont totalement obscures", a-t-il assuré. "On ne peut pas travailler dans ces conditions".
M. Poutine avait en particulier évoqué la récente tentative d'achat du constructeur allemand Opel par le groupe austro-canadien Magna, associé à une banque russe, qui a buté sur la résistance de Berlin.
"Cette entreprise s'en est-elle mieux sortie après que notre tentative eût été torpillée ?" avait demandé le Premier ministre russe, Opel étant finalement restée dans le giron de sa maison-mère américaine General Motors. "Je ne crois pas", avait-il jugé.
M. Poutine avait par ailleurs appelé à davantage de concertation entre l'Union européenne et la Russie en matière de politique énergétique.
Faisant allusion en particulier aux projets européens de libéralisation du marché du gaz, il avait déclaré : "Je crois qu'il serait justifié que nos collègues de l'Union et de la Commission européenne mettent au point des règles nouvelles et justes dans ce dossier si sensible en concertation avec la Russie, qui est le premier fournisseur d'énergie" de l'Europe.
"Sans cela, nous nous retrouverons constamment dans des situations absurdes et des conflits venus de nulle part", avait-il ajouté.
La Commission européenne réclame une séparation des activités de transport et de production d'énergie, et en particulier de gaz.

