Dans un livre à paraître mardi, le pape a admis l'usage du préservatif "dans certains cas" pour protéger du sida, en citant l'exemple d'un "homme prostitué", une évolution après la polémique créée en mars 2009 par ses propos en Afrique selon lesquels le préservatif "aggravait" le problème du sida.
Les commentaires de Benoît XVI faisaient la une lundi de la presse philippine dans un pays où le président Benigno Aquino a annoncé récemment que le gouvernement financerait la contraception pour les couples les plus pauvres, en dépit de la forte opposition de l'Eglise catholique, très influente.
Pour le président Aquino, la position du pape devrait contribuer à vaincre la forte résistance de l'Eglise sur ce projet de loi sur la contraception.
"Notre clergé ne peut pas être plus papiste que le pape", a déclaré le porte-parole du président Aquino, Ricky Carandang.
Pour la députée Janette Garin, les commentaires du pape envoient un double message sur la position de l'Eglise. "Cela rend l'adoption de cette loi plus facile car les gens vont se rendre compte de la position ambiguë de l'Eglise. Les gens éduqués et ceux désorientés par le projet de loi réaliseront que nous (les défenseurs du planning familial), nous nous soucions de la population tandis qu'eux (les évêques) campent sur une position archaïque".
De son côté, l'Eglise philippine a jugé que l'interprétation des commentaires du pape avait été exagérée.
"Les derniers commentaires du saint-père sur l'utilisation du préservatif ne changent en aucune façon la position de l'Eglise sur la contraception artificielle", a déclaré Mgr Juanito Figura, secrétaire-général de la Conférence des évêques catholiques des Philippines.
"Le saint-père ne parle pas (de l'utilisation du préservatif) dans le contexte de contrôle de la population", a-t-il ajouté.
Aux Philippines, une loi prévoyant le financement de la contraception pour les plus pauvres est nécessaire alors que la population de 94 millions d'habitants a doublé en 30 ans, estiment les partisans de cette loi.

