Portrait de Franz von Lenbach en compagnie de son ami Hans von Marées.
Né le 13 décembre 1836 à Schrobenhausen, en Allemagne, Franz von Lenbach, fils de maçon, a pratiqué plus d'un métier avant de retrouver sa voie en prenant le chemin de l'Académie de Munich où la rencontre avec Mackart, dont l'influence sur Klimt est grande, fut déterminante pour sa vie d'artiste. Copiste prolixe et inspiré, il imite avec verve et originalité la touche de Rembrandt, Rubens, Titien et Velazquez, avec une éloquence surprenante.
Séjours fructueux à Rome, Madrid, Berlin, Weimar, où il enseigne, l'Égypte, avant de s'installer à Munich (il y mourra en 1904) où le comte Schack, mécène et collectionneur chevronné de toiles, se lie d'amitié avec lui avant de lui passer des commandes de première importance.
Révolu le temps des essais et des paysages naturalistes qui ont lié son nom avec la série à succès des «bergers» et des «pâtres» dans des prairies et des coteaux verdoyants et battus par le vent.
En 1880, ses premiers portraits, teintés de spiritualité, d'élégance et nantis d'expressions aux contrastes lumineux, retiennent l'attention du public et des personnalités du monde de l'art, de la culture et de la politique qui défilent dans la capitale bavaroise. Avec un passage presque obligé dans sa fastueuse villa conçue par l'architecte Gabriel von Seidl, se faire portraiturer par Lenbach est devenu une question de prestige.
Non seulement virtuosité picturale, mais acuité psychologique et sens de l'observation étaient les atouts majeurs de Lenbach pour qu'il devienne le portraitiste le plus recherché, le plus adulé de l'Allemagne à cette époque-là.
Et le chapelet d'illustres personnages, qui ont posé pour l'artiste et ont retenu leur souffle pour que la palette, le pinceau, le regard du peintre et les tubes de couleurs captent une étincelle de vie, est assez révélateur d'un talent sûr, d'une certaine intuition à saisir l'essentiel. Et le reproduire.
En tête de liste, on cite Otto von Bismarck (son casque et ses décorations), le prince Rudolph von Lichtenstein, Clara Schuman («geliebte» Clara, usée ici quand même par le temps!), un Frantz Liszt aux cheveux longs plus blancs que neige, Cosima Liszt, Johan Strauss le jeune, le pape Léon XIII, Yvette Guilbert et Guillaume Ier.
Galerie de portraits immortels qui, plus d'un siècle plus tard, hantent encore les musées et les palais et, tout en jetant une certaine lumière sur le passé et l'histoire, n'en continuent pas moins de les questionner, des les interroger, de les interpeller.
La peinture de Lenbach n'a pas encore dit son dernier mot.

