"Il y a des ententes entre la secrétaire d'Etat américaine (Hillary Clinton) et le Premier ministre (israélien Benjamin Netanyahu), mais il faut du temps pour les formuler par écrit, et nous devons attendre", a déclaré à la radio militaire Nir Hefetz, chargé de l'information au bureau de M. Netanyahu.
M. Netanyahu a dévoilé dimanche une proposition présentée lors de sa rencontre avec Mme Clinton le 11 novembre de nouveau gel de la colonisation de 90 jours en Cisjordanie occupée en échange d'une enveloppe de mesures de soutien politique et militaire américain.
M. Netanyahu a indiqué qu'il convoquerait les 15 ministres de son cabinet de sécurité pour se prononcer sur cette proposition destinée à relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens suspendus depuis la fin d'un moratoire de dix mois sur la colonisation en Cisjordanie le 26 septembre.
"La raison du retard dans la formulation du document américain, ce sont les objections palestiniennes aux garanties obtenues par Israël", a affirmé un haut responsable israélien sous couvert de l'anonymat.
Parmi ces objections, figurent "la poursuite de la construction à Jérusalem même pendant le gel, un engagement américain à ne pas pas exiger de nouvelle prolongation du gel en Judée-Samarie (Cisjordanie, NDLR) au-delà des 90 jours, un veto américain à l'ONU à toute tentative de contourner les négociations et la précision qu'il n'y aurait pas de négociations sur les frontières séparément des questions de fond", selon la même source.
Les Palestiniens, qui affirment ne pas avoir été officiellement informés de l'initiative américaine, ont réagi dimanche à l'éventualité d'un nouveau moratoire en estimant qu'il devait être "global" et porter également sur Jérusalem-Est, contrairement au précédent.
Une rencontre prévue lundi soir à Ramallah entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le diplomate américain David Hale pour lui présenter ce plan a été reportée, officiellement en raison de la coïncidence de ces entretiens avec la veille de la fête musulmane d'Al-Adha. Elle devrait avoir lieu mercredi.
Le cabinet de sécurité israélien est divisé sur ce plan: sept ministres l'approuvent, six y sont hostiles, et deux du parti religieux orthodoxe Shass prévoient de s'abstenir.
Le cabinet de sécurité se réunit d'ordinaire tous les mercredis mais peut être convoqué à tout moment.
Selon les médias israéliens, M. Netanyahu est intervenu pour empêcher deux réunions de la commission municipale de Jérusalem sur la planification consacrées à un projet de construction de 1.300 logements dans le quartier de colonisation de Gilo, dans le secteur oriental de la ville occupé et annexé depuis 1967.
Le maire israélien de Jérusalem Nir Barkat a par ailleurs affirmé mardi que M. Netanyahu et la police s'étaient opposés à la démolition de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est, selon son porte-parole.
Le 10 novembre, M. Obama avait implicitement critiqué un projet israélien de nouveaux logements à Jérusalem-Est, estimant que "ce genre d'activité n'aide jamais quand il s'agit de négociations de paix".
De son côté, le groupe de Sages ("The Elders"), qui réunit notamment l'archevêque sud-africain Desmond Tutu et l'ancien président américain Jimmy Carter, a critiqué la proposition américaine dans un communiqué.
"A quoi pense Israël ? Les colonies sont illégales", a déploré Desmond Tutu.
Pour l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, "cet effort visant à conclure un accord à court-terme sur les colonies pour reprendre des négociations directes est désespéré et mauvais".


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