"La cargaison venait bien d'Iran. Cela a été confirmé à la fois par les documents et par le ministre iranien des Affaires étrangères" Manouchehr Mottaki, a déclaré Odein Ajumogobia lors d'une conférence de presse.
On ignore à qui étaient destinées ces armes mais les enquêteurs s'intéressent à Lagos à deux Iraniens qui seraient des membres importants de la brigade Al Qods, unité d'élite des gardiens de la Révolution spécialisée dans les opérations à l'étranger, dit-on de source informée.
Le ministre nigérian des Affaires étrangères s'est entretenu jeudi soir avec son homologue iranien, en visite dans le pays africain.
Les services de sécurité nigérians, après cette rencontre, ont été autorisés à interroger un ressortissant iranien qui s'est réfugié à l'ambassade de son pays à Abuja. Mais ils n'ont pu voir le second Iranien qui les intéresse car celui-ci bénéficie de l'immunité diplomatique.
Odein Ajumogobia a ajouté que, selon lui, la présence de cette cargaison d'armes ne violait pas les sanctions onusiennes mais que dans le cas contraire son gouvernement agirait en conséquence.
"La résolution du Conseil de sécurité, dont le Nigeria fait partie, parlait de matériaux nucléaires. Rien n'indique qu'il y en ait dans ce cas-ci", a-t-il expliqué. "Si l'enquête montre qu'il y a eu violation des sanctions, le Nigeria, en tant que membre du Conseil de sécurité, fera le nécessaire."
A New York, des diplomates ont souligné que les sanctions interdisaient à l'Iran d'exporter des armes, quelles qu'elles soient, directement ou via des intermédiaires.
Il y a deux semaines, les services secrets du Nigeria ont saisi dans le port de Lagos treize conteneurs qui renfermaient des lance-roquettes, des grenades ainsi que d'autres explosifs et munitions.
La compagnie française de fret maritime CMA-CGM a fait savoir que les conteneurs, déclarés sous la mention "paquets de laine de verre et palettes de pierre", avaient été chargés dans le port iranien de Bandar Abbas par un commerçant local.
Fin octobre, des responsables de la défense israélienne, cités par des médias, avaient jugé possible que ces armes soient destinées aux islamistes du Hamas palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza.

