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Culture - Portrait

Katherine Pancol, une auteure à la plume heureuse !

Dix ans après son premier passage au Salon du livre francophone de Beyrouth, voici Katherine Pancol de retour avec « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi », le troisième volume de sa trilogie. Laquelle n'a rien de triste !

Katherine Pancol a signé sa trilogie au stand Virgin du Salon du livre francophone de Beyrouth. (Michel Sayegh)

Le bonheur est un mot qui va bien à Katherine Pancol. Elle sait en goûter chaque parcelle, sait le préserver en tournant le dos aux grincheux et aux envieux. Et, plus que tout, elle sait le distiller de sa plume alerte et vive à ses lecteurs l'espace de quelques heures, quelques jours... Voire plus, pour ceux qui lui disent que l'un de ses romans a changé leur vie!
Mais pas question pour autant pour Katherine Pancol de se prendre au sérieux, de jouer les gourous et encore moins l'écrivain personnage public.
«Je n'écris pas pour donner des conseils ou pour transmettre des messages, se défend-elle. J'écris juste pour le plaisir des mots. Pour celui aussi de pouvoir faire l'actrice, en me glissant dans la peau de mes différents héros et héroïnes. Et je ne veux surtout pas être prisonnière d'un personnage qui s'appellerait Katherine Pancol. Tout ce que je veux, c'est continuer à vivre normalement, à m'occuper de ma maison, de mes enfants, promener mon chien, manger des huîtres, aller dîner avec des copains, lire des livres...», dit-elle avec un certain détachement.
En fine mouche, la Pancol fait rapidement comprendre à son interlocuteur que cette indifférence, brandie comme une armure, s'adresse surtout à la critique. Aux critiques parisiens, en l'occurrence, qui ne sont majoritairement pas très tendres avec cette auteure de best-sellers, dont les «romans de proximité», comme ils disent, se vendent rien que dans l'Hexagone à plus d'un million et demi d'exemplaires! Deux fois plus si l'on compte leurs versions italienne, espagnole, allemande, anglaise, etc.
Mais qu'est-ce qui fait donc le succès des gros pavés - pas moins de 800 pages chacun - de Katherine Pancol? Sans doute le positivisme qui se dégage de ses fresques contemporaines. Des romans-fleuves, aux phrases courtes, mettant en scène une foule de personnages, de générations et de personnalités différentes, aux vies enchevêtrées.
Jeunes, vieux, tendres, arrogants, cinglés, rêveurs, drôles, cruels, arrivistes, solitaires, etc. Tous les types de personnages défilent dans les pages des romans de Pancol qui sait, avec une habileté et un souffle surprenants, faire se recouper leurs destins. Presque comme dans la vraie vie.
«Une caméra 
dans la tête»
En fait, le secret du succès des romans de Katherine Pancol viendrait surtout de son art consommé du portrait. Un talent acquis au cours de son expérience de journaliste à Cosmopolitan et Paris-Match, pour lesquels elle a interviewé aussi bien Ronald Reagan et Jacques Chirac que Meryl Streep, Louise Brook ou Vanessa Paradis... Mais un talent nourri surtout par sa curiosité des autres. «Pour écrire des romans, il ne faut pas être centré sur soi-même. Au contraire, il faut être sensible, attentif aux gens, pour aller ramasser des détails sur eux, sur leurs caractères, leurs vies...», dit-elle.
Pour cela, elle a «une caméra dans la tête», Katherine
Pancol. «Une caméra qui filme en permanence et enregistre tout: les conversations de rues, celles que j'écoute à la table d'à côté dans le bistrot, un regard, un geste, une rencontre, un livre lu, une information dans le journal... Au moment d'écrire, je me les repasse et je me laisse porter par mon imagination.»
«Quand vous écrivez, poursuit la romancière, tout se mélange et tout remonte: l'enfance, les rencontres, les émotions, des détails infimes parfois. Par exemple, le personnage d'Hortense, la fille de Joséphine*, est né d'une gamine que j'ai croisée, il y a plus de dix ans, rue de Passy, dans une boutique où j'achetais une paire de chaussures à ma fille. J'y avais été pas maquillée, pas coiffée, et cette fille, qui devait avoir vers les 11 ou 12 ans, qui était ravissante et très chic, m'a lancé un regard dans lequel il y avait tout le mépris du monde. C'est ce regard, que j'ai attrapé en pleine figure et qui m'a sans doute blessé au fond, qui a contribué, des années plus tard, à la construction de la personnalité d'Hortense.»
Lorsqu'on lui parle de son style, de ses mots clairs, simples, enlevés, trempés dans l'humour, Katherine Pancol répond, directe: «J'écris comme je suis.» Et cite Colette qui disait: «Il faut écrire comme personne, avec les mots de tout le monde.»
«C'est loin d'être aisé. Moi qui avais fait un doctorat de lettres, j'ai mis beaucoup de temps à me débarrasser des formulations littéraires très classiques et à trouver ma propre musique. Car l'écriture n'est, en somme, rien d'autre qu'une histoire de rythmes, de musique des mots.»

La musique des mots
Ce n'est qu'après avoir trouvé la musique propre à ses textes que Katherine Pancol, alors journaliste, reçoit un coup de fil de l'éditeur Robert Laffont lui demandant expressément de rédiger un roman. «Sans lui, je ne me serais sans doute jamais lancée dans l'écriture romanesque», reconnaît-elle. Et d'ajouter, avec un sourire heureux: «La vie fait bien les choses.»
Depuis ce premier roman, Moi d'abord, paru en 1979, la romancière a progressivement pris le pas sur la journaliste. Jusqu'à ce que cette dernière abandonne totalement le terrain, après l'immense succès du premier volume de sa trilogie Les yeux jaunes des crocodiles, sorti en 2006.
Depuis, n'arrivant plus à lâcher ses personnages de papier, «qui persistaient à trotter dans ma tête», dit-elle, Katherine Pancol a décidé de prolonger le temps passé avec eux sur deux autres volumes: La valse lente des tortues, sorti en 2008 et, deux ans plus tard, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, qui clôture, cette fois, assure-t-elle, toujours avec bonheur, les aventures de Joséphine, Hortense, Philippe, Gary, Marcel, Becca et les autres...
Lesquels semblent bien partis pour jouer les prolongations sur grand écran. Un producteur ayant déjà acheté les droits des Yeux jaunes des crocodiles...

* L'un des personnages principaux de la trilogie de Pancol.
Le bonheur est un mot qui va bien à Katherine Pancol. Elle sait en goûter chaque parcelle, sait le préserver en tournant le dos aux grincheux et aux envieux. Et, plus que tout, elle sait le distiller de sa plume alerte et vive à ses lecteurs l'espace de quelques heures, quelques jours... Voire plus, pour ceux qui lui disent que l'un de ses romans a changé leur vie!Mais pas question pour autant pour Katherine Pancol de se prendre au sérieux, de jouer les gourous et encore moins l'écrivain personnage public.«Je n'écris pas pour donner des conseils ou pour transmettre des messages, se défend-elle. J'écris juste pour le plaisir des mots. Pour celui aussi de pouvoir faire l'actrice, en me glissant dans la peau de mes différents héros et...
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