"Alors que je me remémore ces pensées plus de sept ans après que les troupes américaines ont libéré l'Irak, je suis fermement convaincu que renverser Saddam (Hussein) était une bonne décision", écrit l'ex-chef d'Etat dans "Decision Points", ses mémoires qui sortent mercredi en français sous le titre "Instants décisifs".
L'ancien président assure toutefois que "personne n'a été aussi écoeuré et en colère que moi quand on n'a pas trouvé d'armes de destruction massive" en Irak, alors que cela avait justifié les hostilités contre le régime de Saddam Hussein.
Mais "malgré toutes les difficultés qui ont suivi, l'Amérique est plus sûre sans un dictateur meurtrier qui cherche à se procurer des armes de destruction massive et soutient le terrorisme au coeur du Moyen-Orient", ajoute M. Bush, dont l'intervention en Irak en 2003 a profondément divisé les alliés occidentaux.
Dans un entretien accordé lundi soir à la chaîne NBC, M. Bush, resté très discret depuis son départ de la Maison Blanche, a indiqué qu'il n'entendait pas s'excuser auprès des Américains pour avoir engagé le conflit irakien. "S'excuser signifierait que cette décision était mauvaise", a-t-il dit.
Il a également assuré qu'il avait été "une voix dissidente" au sein de son administration dans les mois qui ont précédé la guerre. "Je ne voulais pas utiliser la force (...) Je voulais donner une chance à la diplomatie", a-t-il rapporté.
Après les attentats du 11-Septembre, quelques mois après son arrivée au pouvoir, George W. Bush engage une "guerre contre le terrorisme" qui se traduit par l'invasion de l'Afghanistan, puis par le recours à des techniques controversées d'interrogatoire de suspects de terrorisme, notamment le supplice de la baignoire (waterboarding).
Dans ses mémoires, l'ex-président reconnaît avoir lui-même ordonné d'utiliser cette "simulation de noyade" à l'encontre du cerveau auto-proclamé du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed.
Ce dernier s'est révélé "difficile à faire craquer", poursuit M. Bush. "Mais quand il l'a fait, il nous a appris beaucoup de choses", notamment un projet d'attentat à l'anthrax contre des cibles américaines.
Les autres détenus soumis aux "techniques d'interrogatoire renforcées" de la CIA ont permis de déjouer des attentats contre des ambassades et des bases américaines à l'étranger, ainsi qu'à Londres contre l'aéroport d'Heathrow et le quartier d'affaires de Canary Wharf, affirme l'ancien président.
Sur un plan personnel, George W. Bush fait étalage de ses convictions religieuses et révèle un incident de sa jeunesse au cours duquel s'est forgé son hostilité à l'avortement: il a dû conduire sa mère Barbara à l'hôpital alors que cette dernière venait de faire une fausse couche.
"Je ne me serais jamais attendu à voir le foetus, qu'elle avait conservé dans un bocal pour l'apporter à l'hôpital. Je me souviens m'être dit: voilà une vie humaine, un petit frère ou une petite soeur".
L'ancien dirigeant revient aussi sur son combat contre l'alcoolisme, qu'il dit avoir vaincu à l'âge de 40 ans en renouant avec la foi chrétienne.
Avant cela, il raconte un incident survenu à la table de ses parents alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool. S'adressant à une amie de ces derniers, il lui demande "comment c'est l'amour après 50 ans".
Quelques années plus tard, cette dernière lui renverra la politesse en lui retournant la question après son cinquantième anniversaire...

