Une délégation des commerçants de Dubaï s'est rendue lundi auprès du vice-souverain cheikh Maktoum ben Mohammad ben Rached, pour se plaindre "des obstacles mis à l'exportation et à l'importation de marchandises en raison des restrictions imposées par les banques" du fait des sanctions, indique le quotidien Gulf News.
Les banques imposent notamment des restrictions sur l'ouverture de lettres de crédits et les transferts, a précisé la délégation des commerçants représentant les secteurs des produits alimentaires, du prêt-à-porter, des médicaments, des matériaux de construction et des pièces détachées automobiles.
Les commerçants ont souligné qu'ils faisaient face à des obstacles même en réexportant des denrées alimentaires et d'autres produits autorisés par l'ONU.
Ils ont appelé les responsables à "intervenir auprès des autorités et des pays concernés pour faciliter les échanges et trouver des mécanismes clairs permettant de réduire les pertes engendrées par le secteur commercial".
Depuis le mois de septembre, les banques basées aux Emirats arabes unis ont interrompu les virements vers l'Iran et les transactions des clients iraniens sont sévèrement surveillées, faisant chuter le volume des échanges entre Dubaï et Téhéran, selon des banquiers et des hommes d'affaires.
Les Emirats arabes unis, où vivent environ 400.000 Iraniens, sont un important partenaire commercial de l'Iran.
Le volume annuel des échanges de l'Iran avec le seul émirat de Dubaï était estimé à 8 milliards de dollars en 2009 et avait atteint 12 mds USD en 2008.
Cependant, ces échanges ont été réduits "de quelque 50%, notamment en raison des restrictions bancaires" depuis le vote de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité de l'ONU en juin, a affirmé Morteza Masoumzadeh, vice-président du Conseil iranien des Affaires à Dubaï.
Le Conseil de sécurité avait adopté le 9 juin une quatrième série de sanctions, élargissant notamment la liste des banques soumises aux sanctions, pour obliger l'Iran à arrêter d'enrichir de l'uranium, car l'Occident craint qu'il s'agisse des prémices de l'arme atomique, malgré les dénégations de Téhéran.
En vertu de ces sanctions, 41 comptes bancaires ont été gelés à Abou Dhabi, alors que Dubaï a fermé les bureaux de 40 firmes soupçonnées de violer les sanctions.

