"Les responsables du Comité responsabilité et justice (CRJ) de Bagdad nous ont informés que (...) Khaled Hassan Mehdi avait été un membre actif du Baas", a affirmé mercredi à l'AFP Radi al-Harbawi, le chef du CRJ dans cette province sunnite.
"Le Conseil (provincial) a ainsi décidé mardi de le suspendre pour deux mois", a-t-il ajouté.
"M. Mehdi a un mois pour faire appel et le CRJ a un mois supplémentaire pour statuer définitivement", a ajouté M. Harbawi, qui est aussi un élu provincial sur la Liste de l'Etat de droit du Premier ministre Nouri al-Maliki.
Cependant, selon des élus qui ont refusé d'être identifiés, cette décision est en fait un règlement de compte.
L'ancien gouverneur, Moutacher Hussein Ellewi, chassé de son poste pour "corruption" en septembre 2009, se serait vengé de son remplaçant en fournissant des "preuves" de son appartenance au Baas, ce qui lui interdit d'occuper de hautes fonctions administratives.
"Le (...) CRJ à Bagdad a reçu une lettre (...) de Tikrit (capitale de la province de Salahedinne) qui nous demandait de confirmer l'appartenance de M. Mehdi au Baas", a indiqué à l'AFP le porte-parole du CRJ Khaled al-Chami.
"Nous avons confirmé que les soupçons étaient avérés et qu'il devait quitter son poste", a-t-il ajouté.
Le CRJ a remplacé en 2008 le Comité de débaassification mis en place par les Américains après l'invasion de 2003 et qui avait exclu des dizaines de milliers de fonctionnaires et des membres des forces de sécurité, dont beaucoup avaient rejoint l'insurrection.
Comme l'ancien comité, le CRJ est dirigée par Ahmad Chalabi et son directeur général, Ali al-Lami. Tous deux ont été candidats aux législatives de mars sur la liste de l'Alliance nationale irakienne (ANI), une coalition de partis chiites conservateurs.
Avant les législatives, le CRJ avait disqualifié 456 candidats pour des liens présumés ou apologie du parti de Saddam Hussein.

