Dans le cadre d'un accord de plaider coupable entre la défense et l'accusation soumis au tribunal de district de Haïfa (nord), Amir Makhoul "a avoué et a été reconnu coupable d'espionnage et d'espionnage aggravé", selon le texte, la peine devant être prononcée en décembre.
La partie civile réclame une peine de dix ans de prison alors que la défense a demandé qu'elle ne dépasse pas sept ans, selon la même source.
Amir Makhoul a également plaidé coupable de "contact avec un agent étranger" et de "conspiration pour aider l'ennemi en temps de guerre", a ajouté le ministère, précisant que les poursuites pour "aide à l'ennemi en temps de guerre" avaient en revanche été abandonnées.
Selon l'acte d'accusation révisé en fonction de cet accord, diffusé par le ministère, Makhoul a rencontré lors d'un voyage en Jordanie "vers 2004" Hassan Janna, un recruteur du Hezbollah vivant dans ce pays, avec lequel il serait resté en contact, acceptant d'aider le Hezbollah contre Israël en 2008.
En 2008 toujours, selon ce document, il aurait ensuite rencontré à Copenhague un autre agent du Hezbollah qui aurait installé sur son ordinateur portable un programme lui permettant de communiquer avec le mouvement.
Par la suite, il aurait régulièrement envoyé des informations au Hezbollah sur la localisation d'installations des services de sécurité israéliens, d'une base de l'armée et de bâtiments de l'industrie militaire.
Amir Makhoul, 52 ans, dont le frère Issa a été député au Parlement israélien, dirige l'ONG "Ittijah", qui regroupe diverses associations luttant pour les droits de l'Homme au sein de la communauté arabe israélienne.
Après son arrestation en mai, il avait clamé son innocence et affirmé avoir subi des mauvais traitements "physiques et psychologiques" durant les interrogatoires.
Les affaires d'espionnage présumé sont fréquentes entre le Liban et Israël, toujours officiellement en état de guerre.
Plus de 100 personnes, dont plusieurs officiers de l'armée et des forces de sécurité intérieure, ont ainsi été arrêtées au Liban depuis début 2009 dans une vaste affaire d'espionnage présumé au profit d'Israël, portant notamment sur des interceptions de communications téléphoniques.
Pendant l'été 2006, Israël a mené une guerre au Liban contre le Hezbollah, conflit qui a fait plus de 1.200 morts côté libanais et plus de 160 côté israélien.
La communauté des Arabes israéliens, composée des descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'Etat hébreu en 1948, compte 1,2 million de personnes, soit près de 20% de la population totale d'Israël. Elle se plaint de nombreuses discriminations.


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