Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a été mis en place par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat en 2005 à Beyrouth de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005.
Selon son avocat, Moustapha Choucair, ils voulaient "avoir accès également à des dossiers de patientes".
La gynécologue a précisé qu'elle avait annulé ses rendez-vous pour la journée afin de recevoir les enquêteurs, qui l'avaient contactée par l'intermédiaire des services de sécurité libanais.
Les deux hommes, dont la nationalité n'était pas connue dans l'immédiat, "m'avaient dit qu'ils ne voulaient pas me déranger et que ma secrétaire pouvait leur donner ces informations", a-t-elle précisé.
"Quand je suis sortie de mon bureau, j'ai vu des femmes crier et attaquer ma secrétaire. L'une d'entre elles a pris des dossiers d'un tiroir et a commencé à les piétiner", a poursuivi le médecin.
Elle a ajouté que "la secrétaire et une infirmière ont été frappées" et que des femmes "ont tiré la traductrice par les cheveux". "Elles étaient anormalement agressives. Je ne sais pas d'où elles sont venues, je n'imaginais pas qu'une telle chose se produirait dans une clinique", a précisé le Dr. Charara.
Me Choucair a indiqué à la presse que les enquêteurs,, victime d'une "attaque", ont été contraints de quitter l'établissement "sans avoir eu accès à aucun dossier ni à aucune information".
Un responsable des services de sécurité a confirmé à l'AFP que des femmes avaient "réussi à s'emparer de la mallette de l'un des enquêteurs" et qu'elles avaient insulté l'équipe.
La télévision locale LBC a indiqué que près de "150 femmes sont arrivées à la clinique dans des camionnettes, encadrées par des militants", sans préciser à quelle organisation ils appartenaient.
Le député Yassine Jaber, du mouvement chiite Amal, un allié du Hezbollah, a affirmé à la LBC que cet incident montrait que les enquêteurs du tribunal n'étaient "pas les bienvenus".
"Il s'agit d'une agression de la part de "troupes" du Hezbollah contre la légitimité internationale", a estimé de son côté la coalition du 14 Mars, dont est issu le Premier ministre Saad Hariri.
Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a été mis en place par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat en février 2005 à Beyrouth de Rafic Hariri.
"Le bureau du procureur prend cet incident très au sérieux et nous sommes en train de voir ce qui s'est passé", a indiqué à l'AFP le bureau de presse du procureur Daniel Bellemare.
Un bras de fer oppose le camp de Saad Hariri à celui du Hezbollah, qui accuse le TSL d'être "politisé" et d'avoir basé son enquête sur de faux témoignages.
Le mouvement chiite s'attend à ce que le TSL accuse des membres du parti d'implication dans le meurtre.
Plusieurs membres du Hezbollah ont été interrogés cette année par les enquêteurs de cette instance.

