Le Kenyan Adnan Amin va temporairement prendre sa suite, a annoncé l'organisation lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi à laquelle la directrice française n'a pas assisté.
"Les Emirats ont demandé ma tête à la France", a déclaré Mme Pelosse lors d'un entretien téléphonique, citant parmi les éléments déclencheurs sa décision de porter lors de la conférence de Copenhague sur le climat, fin 2009, un tee-shirt où il était inscrit "l'Irena recrute 50% de femmes".
Mme Pelosse, énarque de 40 ans, avait été élue en juin 2009 à la tête de la première agence internationale pour la promotion des énergies renouvelables, notamment dans les pays en voie de développement.
L'Irena n'a pas avancé de raison officielle à son départ, se contentant d'indiquer que "M. Amine occupera la fonction de directeur général de l'Irena par intérim à partir du 1er novembre, et ce jusqu'à la tenue de la première assemblée en avril 2011".
"Au nom des pays membres, je remercie Mme Hélène Pelosse pour le dur travail qu'elle a accompli en établissant l'agence", a ajouté, Rafael Conde de Saro, directeur de la quatrième commission préparatoire de l'Irena, à l'issue d'une réunion en présence de 300 délégués de plus de 100 pays
Il a refusé de répondre aux questions des journalistes sur les raisons de la démission de Mme Pelosse, un peu moins d'un an et demi après sa nomination.
"Depuis que je suis là, j'ai fait plusieurs choses qui ont fait qu'à chaque fois, le ministre des Affaires étrangères (des Emirats arabes unis) appelait Paris en disant: +Ca ne nous plaît pas du tout+", a expliqué Mme Pelosse à l'AFP.
Outre le tee-shirt promouvant la parité, Mme Pelosse souligne également qu'en juin, lors d'un comité administratif à Abou Dhabi, elle a publiquement reproché à l'émirat de tarder à rembourser des factures, mettant en péril l'avenir financier de l'Institut.
"J'ai énormément de pressions, il y a des manoeuvres d'intimidation", assure-t-elle. "Il y a eu des intrusions dans ma maison, mon téléphone est plombé, mes bagages fouillés à l'hôtel, le bâtiment de l'Irena sur-écouté", explique-t-elle, affirmant craindre pour sa sécurité.
En juin, les Emirats "ont demandé à la France de me faire démissionner (...), mon départ a été acté hier", et "je prends l'avion demain", a précisé Mme Pelosse.
L'Irena, qui a pour but de promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique, conseille les gouvernements sur les questions techniques et financières pour développer les technologies nouvelles dans les pays en voie de développement.
"Ma priorité sera de mettre l'Irena sur une base institutionnelle solide et de développer une vision convaincante pour l'avenir de l'énergie renouvelable dans le monde", a déclaré à Abou Dhabi M. Amin, 53 ans, qui avait été choisi en août dernier comme directeur général adjoint par intérim de l'Irena.
Il occupait auparavant le poste de directeur du Conseil des chefs de secrétariat pour la coordination (CCS) à l'ONU.
Mme Pelosse avait été nommée en juin 2009 après une rude concurrence entre quatre candidats (France, Grèce, Espagne et Danemark).
La France avait soutenu la candidature des Emirats pour accueillir le siège de l'Irena. Au total, 148 Etats et l'Union européenne adhérent à cette agence internationale créée en janvier 2009 et dont le siège est à Abou Dhabi.


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