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Culture - Théâtre

Une "Andromaque" épurée avec colonnes à l'antique et diction travaillée

La Comédie-Française reprend jusqu'au 14 février le premier triomphe de Racine, "Andromaque", dans une nouvelle mise en scène épurée à l'antique, avec colonnes et décor beige éthéré, costumes dans les mêmes tons et diction travaillée.

Muriel Mayette, qui dirige le Français, met en scène ce spectacle d'une belle unité de ton : double colonnade de fûts soigneusement alignés, voilages qui tombent de très haut, agités par une brise, acteurs en spartiates vêtus de tuniques légères et fluides, tous dans les mêmes tonalités de gris ou de beige.

Cette tragédie propose un drame classique de l'amour, où personne n'aime qui il devrait : Oreste aime Hermione qui ne l'aime pas mais aime Pyrrhus, qui ne l'aime plus et n'a d'yeux que pour la Troyenne Andromaque, laquelle le rejette en souvenir de son mari Hector, tué par Achille, le père de Pyrrhus.
Comme le dit Muriel Mayette, "Andromaque" est "une pièce d'après-guerre", une après-guerre dont personne n'arrive vraiment à sortir.
Pyrrhus (Eric Ruf), fils d'Achille et grand gagnant de la guerre, apparaît indécis, manipulé par ses sentiments, chien fou prêt à toutes les folies. Oreste (Clément Hervieu-Léger), le "déplorable" Oreste, n'est qu'un malheureux "aux yeux de pleurs toujours noyés", "que tout le monde hait et qui se hait lui-même", comme dit Racine. Dans sa bouche, les vers se bousculent.
Les femmes elles aussi hésitent et changent de pied. Andromaque (Cécile Brune), la pure et dure, affronte un choix cornélien, entre son mari à qui elle veut rester fidèle et son fils qu'elle veut sauver - mais il faudrait pour cela épouser Pyrrhus. En contrepoint Hermione (Léonie Simaga), passionnée et entière, prête à venger son honneur, essaie d'être cohérente mais n'y parvient pas. Le jeu bouillant de son interprète la fait éclipser quelque peu les autres acteurs.
Néanmoins, comme toujours chez Racine, les femmes ont le beau rôle et mènent le jeu. Même si, faute d'échappatoire, elles se résolvent souvent à la mort.
Les confidents ou amis, loin d'être des seconds rôles, occupent pleinement la place. Tel Aurélien Recoing, récemment engagé comme pensionnaire dans la troupe et qui campe Phoenix, le confident de Pyrrhus.
L'essentiel reste bien sûr la musique des vers, les mots qui s'enchaînent, dits de façon parfois très articulée. "Nous avons beaucoup travaillé la ponctuation que les successives interprétations avaient enfermée dans l'exclamation", explique Muriel Mayette.
Le tout sur un léger fond musical et sous une lumière en phase avec le texte : faible lors des scènes plus intimes, intense dans les grands débordements, sombre quand Oreste, totalement désespéré, tombe dans la folie.
Le spectacle est présenté en alternance salle Richelieu jusqu'au 14 février, avant d'être repris en juin au Théâtre antique d'Orange, avec retransmission par France Télévisions.

Muriel Mayette, qui dirige le Français, met en scène ce spectacle d'une belle unité de ton : double colonnade de fûts soigneusement alignés, voilages qui tombent de très haut, agités par une brise, acteurs en spartiates vêtus de tuniques légères et fluides, tous dans les mêmes tonalités de gris ou de beige.
Cette tragédie propose un drame classique de l'amour, où personne n'aime qui il devrait : Oreste aime Hermione qui ne l'aime pas mais aime Pyrrhus, qui ne l'aime plus et n'a d'yeux que pour la Troyenne Andromaque, laquelle le rejette en souvenir de son mari Hector, tué par Achille, le père de Pyrrhus.Comme le dit Muriel Mayette, "Andromaque" est "une pièce d'après-guerre", une après-guerre dont personne...
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