"Si une solution doit être trouvée au conflit entre Israéliens et Palestiniens, cela doit être également ici à Jérusalem", a souligné l'ex-chef de l'Etat irlandaise Mary Robinson lors d'une conférence de presse.
"Nous en tant que +Sages+ craignons que la possibilité d'une solution à deux Etats ne soit en train de s'évanouir à cause de ce qui se passe ici à Jérusalem", a-t-elle indiqué.
L'ex-président américain Jimmy Carter, qui fait partie de la délégation, a précisé que les Sages avaient jugé "très dérangeant" le traitement par Israël de ses minorités, notamment des Arabes, dans des entretiens avec le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, et le président du Parlement israélien Reuven Rivlin.
Dans un communiqué publié après la rencontre, M. Barkat a pour sa part estimé que "l'implication dans le processus de paix de tierces parties biaisées faisait plus de mal que de bien".
"Cela pousse les parties à se précipiter vers un mauvais accord", a-t-il ajouté.
Auparavant, les "Sages" s'étaient adressés à des habitants du quartier de Silwan, théâtre de heurts quotidiens entre police et Palestiniens, sous une tente abritant un sit-in de protestation contre le projet de la mairie de raser 22 maisons afin d'ériger un parc à thème biblique, et contre l'installation de colons juifs.
"Comme vous le savez, nous ne disposons pas d'autorité, mais nous pouvons faire entendre notre voix", avait déclaré M. Carter.
"Nous continuerons à oeuvrer en vue d'une solution pacifique qui fera que les Israéliens quitteront Jérusalem-Est pour qu'elle devienne la capitale d'un Etat palestinien," a-t-il ajouté.
Une mère de famille palestinienne, Aïda Rishek, a dépeint l'anxiété des siens qui vivent sous la menace permanente d'un ordre d'expulsion.
"Donnez-nous une nuit de tranquillité sans la peur que mes enfants ou mon mari soient arrêtés," a-t-elle lancé à la délégation devant les journalistes.
D'autres Palestiniens se sont plaints des descentes policières, de la brutalité des vigiles en charge de la protection des colons et de la façon dont une association de colons extrémistes, Elad, monopolise le tourisme dans cette partie de la Ville sainte.
La construction du parc des "Jardins du roi" a été confiée à l'Autorité de développement de Jérusalem (ADJ), qui relève de l'Etat et de la municipalité.
Dans un document de septembre 2008, l'ADJ annonçait que la création d'une "série de parcs entourant la Vieille ville" avait pour but de "renforcer Jérusalem comme capitale d'Israël".
Israël a proclamé Jérusalem sa "capitale éternelle et unifiée", après avoir occupé et annexé la partie orientale de la ville, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat. La communauté internationale n'a jamais accepté cette annexion.
Le groupe des "Sages" ("Elders"), qui oeuvre pour la fin des conflits dans le monde, est arrivé jeudi à Jérusalem après s'être rendu dans la bande de Gaza, en Egypte, en Syrie, en Jordanie et en Cisjordanie.

