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France/retraites : transports sous pression, crainte de manque de carburant

La mobilisation contre la réforme des retraites en France est montée d'un cran lundi, avec l'entrée des routiers dans le mouvement et le maintien de la pression dans les raffineries, à la veille d'une nouvelle journée d'action nationale, alors que le pouvoir se montre inflexible.

Après une semaine de mobilisation sans précédent depuis le début de la protestation contre cette réforme qui prévoit de reculer l'âge minimal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, syndicats et gouvernement campent sur leurs positions./

Appelés par les syndicats à durcir le mouvement alors que le Sénat examine le projet de loi déjà adopté par l'Assemblée nationale, les routiers sont passés à l'offensive, en bloquant plusieurs dépôts pétroliers et en menant des opérations escargots sur certains grands axes.
Le spectre d'une pénurie générale de carburant s'est fait plus précis lundi, avec l'annonce de ruptures de stock dans quelques 1 500 stations-services dans les grandes surfaces (sur les 12 500 du pays), après un week-end où des automobilistes inquiets se sont rués sur les pompes.
Après une semaine de mobilisation sans précédent depuis le début de la protestation contre cette réforme qui prévoit de reculer l'âge minimal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, syndicats et gouvernement campent sur leurs positions.
Soutenus par l'opposition de gauche, les syndicats espèrent maintenir la mobilisation à un haut niveau lors de la journée de grèves et de manifestation de mardi, afin d'obliger le Sénat à suspendre le vote du projet de loi, prévu au plus tôt mercredi. De son côté, le Premier ministre François Fillon a répété dimanche que la réforme serait "votée", malgré "la crise sociale".
En dépit de la poursuite de la grève dans les 12 raffineries du pays, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a assuré qu'il n'y aurait pas de pénurie de carburant et a averti que les autorités feraient "débloquer les dépôts" pétroliers si nécessaire.
Sur plusieurs dépôts, en Normandie (nord-ouest), Bretagne (ouest) ou dans le sud du pays, les salariés grévistes se sont mobilisés depuis la nuit pour bloquer l'accès aux sites et ainsi empêcher le ravitaillement des pompes, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Dans la matinée, les routiers ont aussi organisé plusieurs opérations escargot, entraînant des bouchons de plusieurs kilomètres. Dans certaines villes, comme Toulouse (sud-ouest) ou Saint-Etienne (centre-est), les dépôts des transports en commun ont aussi été bloqués.
Les transports ferroviaires étaient toujours perturbés lundi, la société nationale de chemins de fer SNCF prévoyant en moyenne un train grande vitesse (TGV) sur deux et un trafic difficile à l'international, en dehors des liaisons vers l'Allemagne ou des Eurostar vers Londres, quasi-normales ou normales.
Si le bras de fer se cristallisait dans le secteur stratégique des transports, la contestation se poursuivait dans les lycées, entrés la semaine dernière dans le mouvement, avec 261 établissements "perturbés" lundi selon le gouvernement (6% du total des lycées).
Certains blocages de lycées ont donné lieu lundi à des affrontements entre jeunes et forces de l'ordre. À Nanterre (région parisienne), après des incendies de voitures devant un lycée bloqué, les policiers ont répliqué à des jets de pierre par des gaz lacrymogènes et des tirs de flash-ball (projectiles en caoutchouc).
L'opposition de gauche et du centre a déploré la raideur du gouvernement et à nouveau plaidé pour l'ouverture d'un dialogue avec les syndicats.
"Si nous sommes aujourd'hui dans cette situation de blocage, c'est en raison de l'obstination et de la fermeture complète du gouvernement", a déclaré sur la radio France Info le numéro 2 du Parti socialiste, Harlem Désir.
Selon un sondage CSA publié lundi dans le journal Le Parisien, plus de la moitié des Français (52%) disent soutenir la sixième journée d'action depuis la rentrée prévue mardi et 19% affirment éprouver de la sympathie à l'égard du mouvement.
Appelés par les syndicats à durcir le mouvement alors que le Sénat examine le projet de loi déjà adopté par l'Assemblée nationale, les routiers sont passés à l'offensive, en bloquant plusieurs dépôts pétroliers et en menant des opérations escargots sur certains grands axes.Le spectre d'une pénurie générale de carburant s'est fait plus précis lundi, avec l'annonce de ruptures de stock dans quelques 1 500 stations-services dans les grandes surfaces (sur les 12 500 du pays), après un week-end où des automobilistes inquiets se sont rués sur les pompes.Après une semaine de mobilisation sans précédent depuis le début de la protestation contre cette réforme qui...