Entre ses premiers graffitis sur les murs de Manhattan en 1977 et sa mort en pleine gloire en 1988, il ne s'est écoulé qu'un peu plus de dix ans./
"Gérard Basquiat, le père de l'artiste, nous a confié que le souhait de son fils était d'avoir une grande rétrospective dans un musée à Paris", explique Dieter Buchhart, commissaire de l'exposition à Paris comme à Bâle.
Une centaine d'oeuvres majeures (peintures, dessins, objets), prêtées par de nombreux musées et collections particulières, sont présentées selon un parcours chronologique.
Entre ses premiers graffitis sur les murs de Manhattan en 1977 et sa mort en pleine gloire en 1988, il ne s'est écoulé qu'un peu plus de dix ans. Dans l'intervalle, Basquiat est devenu l'un des rois de l'art contemporain et sa cote est actuellement une des plus hautes du marché de l'art.
Né à Brooklyn le 22 décembre 1960 d'un père haïtien et d'une mère d'origine portoricaine, Basquiat est issu de la classe moyenne noire. Sa mère l'emmène dans les musées et lorsqu'à sept ans, il est hospitalisé après avoir été renversé par une voiture, elle lui offre un livre d'anatomie qui aura une influence durable sur sa création.
Enfant, Basquiat dessine déjà beaucoup. Au lycée, en 1976, il fait connaissance d'Al Diaz, un jeune graffiteur. Ils se mettent à taguer ensemble les murs de Manhattan. Ils signent leur graffitis conceptuels et poétiques du nom d'un personnage fictif Samo© ("Same Old Shit").
Rebelle, Basquiat est exclu du lycée et se met à vendre des cartes postales et des tee-shirts peints à la main. Il met brusquement fin à sa collaboration avec Diaz en 1979 en décrétant "Samo is dead". Et crée un groupe de musique où il joue de la clarinette et du synthétiseur.
Dans le tourbillon créatif de l'underground new yorkais de ces années, Basquiat prend son envol. L'Homme noir est souvent le héros de ses oeuvres. Surmonté d'une auréole ou d'une couronne, il est parfois escorté par des policiers. Évoluant dans des milieux culturels essentiellement blancs, l'artiste exalte les grands boxeurs noirs comme Jack Johnson, Cassius Clay, ou les grands jazzmen.
Basquiat, qui porte des costumes de grande marque mais n'hésite pas à se montrer pieds nus par goût de la provocation, se nourrit de toutes les influences, glanées au fil des lectures, des rencontres.
Dessinant sans cesse, il dresse des listes de mots. Il superpose des couches de couleur. Rouge, noir, blanc, jaune, bleu, rose. Gratte puis efface mais seulement en partie.
Dans les années 1984-85, le jeune artiste développe une intense collaboration avec Andy Warhol. Ils travaillent à des oeuvres communes, Basquiat accentuant ou effaçant les éléments du roi du pop art. Lorsqu'en 1987, Warhol meurt à 58 ans des suites d'une opération, Basquiat est extrêmement affecté.
Dans la production des dernières années, on sent la mort roder. L'artiste fait une cure de désintoxication mais n'arrive pas à se débarrasser de la drogue. Les oeuvres Eroica I et Eroica II (1988) égrènent "man dies" (l'homme meurt) comme un slogan.
Il manque malheureusement à l'exposition parisienne le poignant "Riding with death" (1988) - qui était exposé à Bâle - où le squelette de la mort galope, emportant avec lui son cavalier.


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