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Culture

Bernard Clavel, auteur d’une œuvre prolifique et humaniste

Bernard Clavel.

Autodidacte ancré dans ses terres du Jura ou des pays du Rhône, Bernard Clavel, qui vient de mourir à l'âge de 87 ans, était l'auteur d'une œuvre prolifique et humaniste qui avait rencontré en son temps un vif succès populaire.
Lauréat du Goncourt 1968 avec Les fruits de l'hiver, Bernard Clavel a vendu ses livres, marqués par le réalisme social, par millions: il était encore classé 3e écrivain préféré des Français, selon un sondage paru en 1997.
Personnalité engagée et non conformiste, militant de la paix et des droits de l'homme, il a écrit une centaine de titres - romans, sagas, nouvelles, livres pour enfants - publiés en cinquante ans d'une carrière menée à l'écart du milieu littéraire parisien, mis à part ses années d'académicien Goncourt (1971-1977).
De la colère dans le regard, chauve, la voix ardente, Bernard Clavel était un homme chaleureux et souvent râleur, détestant parler de lui. Plus à l'aise dans les grands espaces que dans les salons, il puisait son inspiration dans une jeunesse turbulente et dans la nature qu'il vénérait: son Jura natal, le Rhône, mais aussi les immensités du Canada où il s'était un temps installé.
«Ma rencontre avec le Rhône est l'un des tournants les plus importants de ma vie. C'est lui qui m'a amené à écrire », expliquait celui qui rêvait d'abord d'être peintre, choix auquel s'opposa son père.
Bernard Clavel n'est pas venu facilement à l'écriture. «J'en ai bavé», disait-il à propos de ses débuts. Josette Pratte, romancière québécoise devenue sa seconde épouse, va devenir une juge impitoyable pour ses textes. «Je n'aurais pas écrit pareillement sans elle», confiait-il.
Né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier (Jura), fils d'une fleuriste et d'un boulanger, Bernard Clavel abandonne l'école à 14 ans pour devenir en 1937 apprenti boulanger à Dole, sous la coupe d'un patron brutal qu'il quitte au bout de deux ans. De cette pénible expérience, il tire un roman: La Maison des autres (prix du roman populiste, 1962).
Pour échapper au Service du travail obligatoire (STO) pendant la guerre, il est ouvrier dans une chocolaterie, polisseur de verres de lunettes, ouvrier agricole, bûcheron, lutteur de foire (L'Hercule sur la place, 1966). Cette époque sera son «université», selon sa formule. Un peu comme cet écrivain qu'il admirait tant, Jack London. Après la guerre, il est employé à la Sécurité sociale et dans la presse.
Il consacre ses deux premiers romans au fleuve: Vorgine, paru d'abord en 1955 en feuilleton dans Le Progrès de Lyon où il est rédacteur puis édité par la suite sous le titre Les Pirates du Rhône, et L'Ouvrier de la nuit, son premier roman publié par René Julliard en 1956, qui campe un héros prêt à tout sacrifier à sa vocation artistique.
Ses livres sont vite salués par des écrivains reconnus comme Pierre Mac Orlan qui voit dans son œuvre «une victoire de la paysannerie lettrée».
Son premier cycle romanesque, La Grande patience (en quatre volumes), est une fresque de la vie ouvrière rurale. Héritier des feuilletonistes, il publie ensuite plusieurs sagas comme Les Colonnes du ciel (cinq volumes) ou Le Royaume du Nord (six volumes).
Il écrit ensuite avec régularité des romans, d'inspiration autobiographique ou à connotation sociologique, comme Malataverne (1961), Cargo pour l'enfer (1993), Le Soleil des morts (1998), Retraite aux flambeaux (2002) ou Les Grands malheurs (2004). Toujours, il parle «des gens de peu».
Père de trois enfants, il a aussi beaucoup écrit pour la jeunesse et était fréquemment étudié en classe.
En 1977, il avait démissionné de l'Académie Goncourt (pour mieux se consacrer à l'écriture, avait-il expliqué). Il avait par ailleurs refusé par deux fois la Légion d'honneur.
Autodidacte ancré dans ses terres du Jura ou des pays du Rhône, Bernard Clavel, qui vient de mourir à l'âge de 87 ans, était l'auteur d'une œuvre prolifique et humaniste qui avait rencontré en son temps un vif succès populaire.Lauréat du Goncourt 1968 avec Les fruits de l'hiver, Bernard Clavel a vendu ses livres, marqués par le réalisme social, par millions: il était encore classé 3e écrivain préféré des Français, selon un sondage paru en 1997.Personnalité engagée et non conformiste, militant de la paix et des droits de l'homme, il a écrit une centaine de titres - romans, sagas, nouvelles, livres pour enfants - publiés en cinquante ans d'une carrière menée à...
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